Société On sait que chacun fait de son mieux pour apprendre aux enfants les bons comportements en matière de sécurité routière. Mais saviez-vous que parfois sans le vouloir, les parents, au volant, ne sont pas toujours des modèles à suivre ?

Cela ne fait aucun doute, nous faisons tous le maximum pour faire de nos petites têtes brunes ou blondes des enfants (presque) modèles. Une tâche importante autant que difficile au quotidien.

Et surtout derrière le volant apparemment. Certes, là aussi, beaucoup font un effort pour inculquer les bons réflexes à leur progéniture. Même si certains doivent se forcer plus que d’autres pour montrer les comportements sages et "comme il faut" une fois installés au poste de conduite.

Un hasard nous a… conduit à consulter une étude française d’Attitude Prévention concernant "Les parents au volant en présence de leurs enfants", menée auprès de 1 004 parents ayant au moins un enfant de moins de 15 ans. Il s’agissait d’une campagne de sensibilisation "Volet estival 2017 : Sur la route, assurons-nous de transmettre les bons gestes".

Les bons gestes ? Les conclusions, rendues à la fin du mois de juillet 2017, sont pour le moins interpellantes. Et sachant que les enfants constituent de véritables éponges par rapport à tout ce qu’ils voient et entendent, on peut, à la lecture de ce rapport, en déduire que la plupart d’entre nous ont encore du travail à accomplir pour devenir des parents aussi modèles qu’ils le voudraient… Et pas question ici de pointer quiconque du doigt ni de jouer les moralisateurs, votre serviteur peut humblement, et ma foi, aussi un peu honteusement, se compter parmi les (parents) élèves pas toujours les plus appliqués en la matière. Dont acte…

Du reste, dans l’ensemble, les papas sont de moins bons exemples que les mamans, ce qui n’étonnera pas grand-monde, malheureusement. Bémol toutefois, si les hommes sont effectivement plus enclins à développer un comportement à risque au volant, la tendance décline avec l’âge, à l’exception des excès de vitesse et de la conduite sans faire de pause.

89 % ont eu un comportement à risque

Commençons par une généralité : énervement, vitesse, somnolence… 89 % des parents sondés avouent avoir eu un comportement à risque alors que leurs enfants étaient avec eux. C’est une hausse de 15 points depuis 2013.

Dans le détail, cela donne ceci :

- 63 % se sont déjà emportés contre d’autres usagers;

- 61 % ont déjà dépassé les vitesses autorisées;

- 59 % ont déjà conduit en étant fatigué;

- 53 % ont déjà conduit plus de 2 ou 3 heures sans faire de pause;

- 43 % ont déjà utilisé leur téléphone portable;

- 17 % ont déjà conduit en ayant consommé plus de 2 verres d’alcool.

Vitesse, téléphone et somnolence

Sur les cinq années de cette étude, l’ensemble des comportements à risques est en hausse, mais dans des proportions différentes. L’utilisation du portable au volant a ainsi augmenté de 153 % en 5 ans, que ce soit pour passer ou recevoir des appels ou, pire, pour envoyer ou lire des textos. De même, les mauvais comportements liés à la somnolence au volant (qui, rappelons-le, est la principale cause d’accidents sur les autoroutes) enregistrent également une progression marquée avec une hausse de 136 % pour la conduite en état de fatigue (59 % ne ressentent pas le désir de s’arrêter) et de 96 % pour la conduite plus de deux heures sans pause.

Les raisons données pour expliquer ces comportements dangereux évoluent aussi au fil des années. Ainsi, les parents sont aujourd’hui plus conscients de leur vulnérabilité lors de la conduite en état de fatigue ou sous l’emprise de l’alcool. Le maintien de ces comportements se justifie donc par des motifs dits pratiques : être à l’heure, hâte d’arriver ou, dans le cas d’une conduite sous influence de l’alcool, pas d’autres moyens pour rentrer…

La principale justification à l’utilisation du téléphone au volant, sachant que 34 % tiennent le téléphone à la main contre 52 % utilisant un kit mains libres, reste de profiter des feux rouges ou bouchons pour écrire des SMS ou des mails (52 % en 2017).

Les vitesses autorisées, quant à elles, sont le plus souvent dépassées par inattention (52 %). A noter malgré tout que les excès de vitesse supérieurs à 20 km/h concernent tout de même plus d’un quart des conducteurs interrogés !

Des parents pourtant prévoyants

Consultés également sur leur préparation des trajets pour les vacances, les parents se déclarent attentifs et anticipent pour la plupart les départs en vacances. Ainsi, par exemple :

- 85 % vérifient que les enfants sont bien attachés;

- 83 % prévoient de faire des pauses sur le trajet;

- 83 % vérifient l’état du véhicule avant de partir;

- 81 % accordent une attention particulière au chargement du véhicule.

Seul bémol dans ce contexte précis, le téléphone. Moins d’un parent sur deux (48 %) prévoit d’éteindre son téléphone ou de le confier à un passager pour le trajet des vacances.

En ce qui concerne l’alcool au volant, les enquêteurs ont noté un paradoxe étonnant. En effet, si les répondants sont plus conscients des risques encourus quand ils ont bu, ils se révèlent pourtant plus nombreux à conduire en ayant consommé plus de 2 verres d’alcool. Et 58 % se sentent toujours en état de conduire après plus de 2 verres. D’une manière générale, les parents sondés sont 71 % à encore minimiser le danger de conduire sous l’influence de l’alcool…

Est-ce cette influence ou simplement la distraction qui font que 6 % des parents ont un jour omis d’attacher leur ceinture en présence de leurs enfants et que 3 % ont tout simplement oublié d’attacher leurs enfants ?

Et si au fond, les plus responsables dans la voiture étaient encore les enfants : car 26 % des parents, en effet, déclarent avoir déjà été rappelés à l’ordre par leur progéniture pour leur comportement au volant… A méditer, très certainement.