Société Un vol Bruxelles-Barcelone a été reporté de plusieurs heures alors que cinq passagers ont été auditionnés. Pour une mauvaise blague.

Une remarque de mauvais goût lancée dans un avion par un petit groupe qui a commencé à boire avant 7h du matin ? Certains ont testé, hier, et doivent le regretter après avoir passé plusieurs heures dans les locaux de la police…

Hier matin, les passagers du vol Ryanair Bruxelles-Barcelone pénètrent dans l’habitacle du Boeing 737. Parmi eux, un petit groupe qui s’apprête à passer le week-end dans la capitale catalane et à y assister à un match du FC Barcelone, à l’occasion d’un enterrement de vie de garçon. La fête s’annonce si belle que le petit groupe a déjà commencé à boire, indique-t-on du côté du parquet de Hal-Vilvorde.

Émoustillé par l’ambiance, quelqu’un - on ne sait toujours pas qui - lance un "Allah Akbar", tandis qu’un autre évoque la présence d’une bombe.

Des témoins entendent cela. Le personnel de vol aussi et, en ces temps troublés, ne peut prendre aucun risque. Blagounette de (très) mauvais goût et énormes conséquences : tout l’avion est évacué et la police doit intervenir pour scanner tout l’appareil, à l’aide de chiens, à la recherche d’éventuelles traces d’explosifs ! "Rien n’a été découvert", indique Carol Vercarre, porte-parole du parquet de Hal-Vilvorde.

Entre-temps, les sept passagers faisant partie du groupe ont été exclus du vol à la demande du commandant de bord. Deux d’entre eux portaient leurs écouteurs au moment des faits et n’ont rien entendu de ce qui s’est passé. Quatre autres ont été entendus comme témoin et le dernier a été privé de liberté et longuement entendu.

Au final , la lumière n’a pas pu être faite sur ce qui s’est passé. "Les versions ne correspondent pas entre elles. D’autres témoins peuvent être entendus mais ils ont pris l’avion pour Barcelone. Nous verrons les responsabilités à leur retour", poursuit-on au parquet de Hal Vilvorde. Tous les membres du groupe de joyeux supporters étaient inconnus de la justice.

Quant aux autres passagers de ce vol Bruxelles-Barcelone, ils ont finalement pu décoller avec 2 heures et 30 minutes de retard. On s’en doute, Ryanair n’en restera pas là. La petite blague risque de coûter quelques milliers d’euros à la compagnie aérienne ainsi qu’aux mauvais plaisantins.