La peau est-elle la mémoire du corps ?

Publié le - Mis à jour le

Société Alors que certains raffolent des caresses, d’autres battent en retraite au moindre effleurement. Une bise matinale, un bras autour du cou, une poignée de main,... Pourquoi le contact physique peut-il irriter ? Que cache le malaise face au toucher ?

Pour la dermatologue et psychanalyste Sylvie Consoli, auteur du livre "La tendresse", le corps porte les marques invisibles de la mémoire du passé. Dans une interview accordée au magazine "Psychologie", elle évoque notamment le poids de l’enfance sur le toucher. "J’observe qu’il y a souvent, chez les personnes qui ont une angoisse du toucher, une histoire corporelle avec la mère plutôt compliquée." Refuser d’être touché serait-il alors une manière de se protéger du passé ? Sylvie Consoli en est convaincue.

En outre, durant l’interview, Sylvie Consoli explique que, dans certains cas extrêmes, "les maladies de peau peuvent même être utilisées comme des leurres, afin de maintenir le regard au-dehors du corps". Une opinion qui n’est pas entièrement partagée par le Dr. Mary Lowy, dermatologue : "Les maladies dans leur ensemble, qu’elles soient cutanées ou non, sont sensibles à la vie psychique mais celle-ci ne les détermine pas pour autant. Généralement, les maladies cutanées sont plutôt un problème génétique".

La peau n’en est pas moins la mémoire de nos sensations et de nos émotions. Le psychanalyste Didier Anzieu, qui a écrit "Le Moi-Peau" en 1974, soutient que la personnalité se construit d’abord par une prise de conscience de la peau. D’où l’importance du toucher entre les nourrissons et leur maman.

Un article de Manon Libert, de la rédaction d'Essentielle.be

Publicité clickBoxBanner