Société Entretien Aurore Vaucelle

Nous avons demandé à l’historien français Laurent Dornel, qui s’est penché sur ces questions dans le cadre de ses travaux, de tracer les contours, si l’on peut dire, de la frontière telle qu’on se la représente.

Tracer une frontière, c’est définir un territoire et enregistrer son identité. Mais la frontière n’est parfois aussi qu’une ligne tracée qui sépare deux populations proches culturellement ?

La frontière Nord de la Belgique sépare des populations qui parlent à peu près la même langue. On est dans quelque chose d’assez surprenant : cette frontière est certes une ligne mais surtout une frontière ouverte à la fois mouvante et traversée depuis très longtemps puisque c’est le début de la grande plaine germano-polonaise, un espace physiquement ouvert.

La frontière est-elle plus compliquée à faire respecter lorsqu’elle n’est pas liée à une frontière géographique naturelle ?

On est en effet dans une plus grande proximité encore. Mais disons que c’est une frontière assez spécifique qui sépare non pas deux aires culturelles différentes, mais bien deux Etats. En ce cas, la frontière est le lieu de la différenciation de la souveraineté étatique, même s’il y a beaucoup de liens, en l’occurrence la langue…

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