Le contact affectif est vital pour l’enfant

Aurore Dister Publié le - Mis à jour le

Société Dès sa naissance, le nourrisson recherche un contact physique avec sa mère. Le fait d’être touché est vital pour son développement tant physique que psychique. Des scientifiques se sont penchés sur ce besoin essentiel. L’un d’entre eux, Harry Harlow, a réalisé à ce sujet une expérience avec des bébés singes. Il a séparé ceux-ci de leurs mères biologiques. Il les a remplacées par deux nourrices artificielles. L’une était pourvue d’une peau pelucheuse, ne fournissant pas de lait. La seconde était faite de fils métalliques mais donnant du lait. Contre toute attente, les jeunes animaux ont préféré la mère en tissu. Suite à cela, il a conclu que les liens affectifs l’emportaient sur le facteur nourriture.

“Comme Harlow l’a bien mis en évidence, le contact affectif est aussi un besoin primaire au même titre que la nourriture. Il ne suffit pas de donner à manger à un bébé et de le laver pour qu’il se développe bien. Il faut qu’il y ait un contact affectif. C’est valable pour le singe, pour l’homme mais aussi pour de nombreux autres animaux. D’autres personnes, comme Spitz, ont également observé ce phénomène. Spitz a observé des bébés dans des pouponnières. Ces bébés étaient nourris et lavés mais ne recevaient aucune affection et aucun autre contact. Ils développaient, comme les singes de Harlow, des comportements autistiques, un repli sur soi et un état de choc émotionnel”, développe Jérémy Royaux, psychothérapeute.

L’attachement

Pour se construire, nos petites têtes blondes ont donc besoin d’être dorlotées par leur entourage. “L’enfant développe ce qu’on appelle l’attachement, c’est-à-dire, la création de liens émotionnels sociaux. Ils se développent envers les personnes qui prennent soin de lui et varient en fonction de la relation et de ses caractéristiques. Ces liens affectifs et sociaux vont, dans une certaine mesure, influencer la vision de l’enfant concernant les rapports sociaux, leur fiabilité, leurs apports positifs ou négatifs. Au-delà du maternage, les rapports parentaux restent très importants tout au long de l’enfance et pas seulement les premières années“, continue-t-il.

Comme l’explique notre psy, si nos bouts de choux ne sont pas cajolés, il peut en résulter de nombreuses difficultés. “On pourra assister à un repli sur soi, une attitude dépressive ou anxieuse, des comportements autistiques comme le balancement et enfin un retard du développement moteur, langagier, cognitif, etc.”, termine M. Royaux. L’environnement dans lequel évolue le bambin a aussi un impact important sur sa croissance personnelle. S’il ne vit pas dans un espace sécurisant, il peut développer des troubles psychosomatiques.

À l’heure actuelle, les parents sont plus proches, moins pudiques que les générations parentales précédentes et permettent ainsi à leur progéniture de s’épanouir.

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