Société Selon un reportage d'investigation allemand WDR Recherchen, les ventes outlet seraient des fausses bonnes affaires. Dans certains cas, on frôlerait presque l'arnaque.

Accros du shopping, asseyez-vous car ce que l'on va vous annoncer ne va pas vous plaire. Selon une enquête de journalistes allemands, la plupart des vêtements vendus dans les outlets n'ont en réalité jamais été mis en vente dans les magasins. Pire, de nombreuses pièces auraient été créées spécifiquement pour ce secteur et présentent des défauts considérables.

Les quelques marques mises en cause : Tommy Hilfiger, Hugo Boss et Levi's notamment.

Selon Wendy Luyckx de la fédération Creamoda, "ce genre de pratique ne devrait pas être permis puisque cela gruge le consommateur", a-t-elle déclaré dans De Morgen. "Si sur une étiquette, on indique que le prix a baissé de 200 euros, mais que le vêtement n'a jamais été vendu en magasin, sur quoi se base la réduction ?", se demande-t-elle. Loin de s'opposer complètement aux outlets, elle souhaite plutôt une manière correcte et honnête de procéder.

Ces pièces de collections parallèles seraient donc destinées exclusivement aux magasins de déstockage. Mais elles sont de moindre qualité : mauvais tissu, coutures mal faites, vêtements rétrécissant au lavage... Tous les défauts que l'on redoute seraient présents dans cette collection.

Pour réaliser leur reportage, les journalistes allemands ne se sont pas limités à leur pays. Ils se sont également déplacés jusqu'à Roermond, ville hollandaise outlet similaire à Maasmechelen Village.

Selon Luc Ardies de Mode Unie (la section mode au sein d'Unizo), "la pratique serait néanmoins courante bien qu'on se heurte très souvent à un manque de transparence", selon des propos repris par Le Vif.

Malheureusement pour les shopping-addicts, la pratique vaudrait aussi pour les outlets en ligne.

La raison de cette "tromperie" ? Elargir le marché des marques et augmenter leurs bénéfices.


Kris Peeters veut faire examiner la qualité des produits vendus dans les centres outlet

Le ministre de la Protection des consommateurs, Kris Peeters (CD&V), va demander à l'Inspection économique d'examiner la qualité des produits vendus dans les magasins outlet.

"Un fabricant qui produit sciemment des vêtements de moins bonne qualité pour les magasins outlets, sans que le consommateur soit informé de cette qualité moindre, trompe le consommateur et viole la loi", réagit Kris Peeters. "Une tromperie volontaire peut valoir des amendes allant jusqu'à 200.000 euros. Je donne à l'Inspection économique la mission d'enquêter sur ce dossier et de mener des tests en laboratoire sur les produits de marque vendus dans les outlets."

Le vice-premier ministre fait encore remarquer que le terme d'"outlet" n'est pas une appellation légalement protégée. Il doit donc être entendu dans le sens que le consommateur moyen lui donne, c'est-à-dire la vente de produits de marque - souvent des vêtements et autres textiles - des saisons précédentes, qu'on ne retrouve plus dans les magasins classiques et qui sont vendus à des prix plus bas dans les outlets.