Société

Vous avez déjà paniqué parce que vous ne retrouviez pas votre téléphone l'espace de trois secondes alors qu'il était juste à côté de vous? Vous avez déjà râlé en vacances parce que vous ne pouviez pas surfer sur votre smartphone par manque de connexion internet? Il se pourrait que vous soyez atteint de nomophobie.

Ce terme, qui n'est pas nouveau, est la contraction de "no-mobile" et "phobie". La semaine dernière, des chercheurs originaires de Hong Kong ont publié une nouvelle étude sur le sujet prouvant que ce phénomène peut affecter n'importe qui. Les personnes qui utilisent leur téléphone pour stocker ou partager des données personnelles sont ceux qui en souffrent le plus. Quand ils ont demandé aux participants de l'étude comment ils se sentaient sans leur smartphone, certains ont répondu "blessé" ou encore "seul", explique le Guardian.

"Les utilisateurs perçoivent le smartphone comme étant une extension d'eux-mêmes et ils s'attachent donc à l'appareil", explique le Dr Kim Ki Joon. "Les gens ressentent des sentiments d'anxiété ou d'inconforts lorsqu'ils sont loin de leur téléphone".

Mais ce n'est pas tout : être séparé de son téléphone peut, pour les dépendants, conduire à des problèmes physiques comme une augmentation des pulsations cardiaques et de la pression sanguine.

Comment savoir si l'on est dépendant?

Quelques critères simples permettent d'évaluer le degré de dépendance au smartphone. Est-ce la chose la plus importante de votre vie? Passez-vous beaucoup de temps dessus? Vous sentez-vous mal lorsque vous n'y avez pas accès? Est-ce que votre utilisation peut engendrer des conflits au boulot ou dans votre vie privée? Vous savez que vous devez passer moins de temps sur mon appareil mais vous en êtes incapable?

Si vous répondez par l'affirmative à plus d'une question, il se peut que vous soyez dépendant.

Comment être moins dépendant?

Il suffit d'accepter de se déconnecter de son téléphone à certains moments, de le laisser de côté pour faire autre chose. Cela peut aller de quelques minutes par jour à plusieurs heures. 

Mais alors pourquoi sommes-nous si attachés à notre téléphone?

Tout simplement parce qu'aujourd'hui il peut (presque) tout faire. "Cet appareil permet aux gens de traiter plusieurs aspects de leur vie", explique le Dr Mark Griffiths, psychologue et directeur de l'International Gaming Research Unit à l'université de Nottingham (Grande-Bretagne).

Grâce à notre téléphone, nous avons accès à nos photos de vacances, notre agenda, nos réservations en ligne et aux réseaux sociaux afin de pouvoir échanger avec nos amis. Bref, ce petit objet contient une bonne partie de notre vie.

"Si les adolescents ne peuvent pas voir ce qu'il se passe sur Snapchat ou Instagram, ils se mettent à paniquer de ne pas savoir ce qu'il se passe dans leur vie sociale. Mais ils s'adaptent très vite quand ils partent en vacances et qu'il n'y a pas internet, continue le Dr Griffiths.