Société

Ce week-end, "Quid", le supplément de La Libre, se penche sur ce qui rend la musique si puissante, au point de susciter des émotions.

Intriguée par les frissons intenses que le Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov lui procurait, la neuroscientifique Psyche Loui a étudié ce concerto de Rachmaninov dans une étude de 2015 publiée par le site "Frontiers in Psychology". Elle a pu isoler les mesures lors desquelles de nombreuses personnes ressentent de tels frissons, et elle y a découvert que les changements soudains dans l’harmonie, les notes qui sont volontairement étrangères à cette harmonie, ou les crescendos provoquaient d’importantes émotions. "C’est en effet lorsque les compositeurs jouent avec ce qui est familier et ce qui l’est moins, avec ce que notre cerveau, habitué à la musique tonale, s’attend à entendre et se fait surprendre, que notre matière grise se fait agréablement taquiner et donc produit un frisson. La production de dopamine à ce moment-là est similaire à une prise de drogue ou à une relation sexuelle. Si vous mariez tout cela aux émotions du moment et à votre mémoire, vous obtenez un cocktail émotionnel qui se produira à chaque fois que vous entendrez un morceau ou un passage particulier", expliquait sur le site de France Musique le journaliste Victor Tribot Laspière.


Le Chœur des moines de l’abbaye de Solesmes

Il y a la rythmique qui nous fait danser et bouger. Il existe également la musique sans rythme. Ou, plus précisément, une musique où tous les temps semblent d’égale valeur. Parmi d’autres, le chant grégorien en est un bon exemple. Cette musique sans mesures, qui semble continue, provoque un effet hypnotique et contemplatif. Il s’agit d’un "mouvement perpétuel qui dit le repos éternel", note Francis Wolff. "Car une musique aspirant à dire et à contempler l’éternité doit s’abstraire du temps et de ses marques […]."


Le saviez-vous ?

La musicothérapie est une science d’avenir. Et les découvertes en la matière ne cessent plus. Il est désormais admis que la musique peut beaucoup : aussi bien soulager la douleur, la dépression, que réparer la mémoire. Depuis quelques années, l’application Music Care est utilisée par des dizaines d’hôpitaux en Europe. Le principe, en simplifiant, est d’offrir des musiques avec des séquences en U. Le morceau débute par de nombreux instruments, un tempo et un rythme stimulants. Le morceau perd un peu en tempo et en intensité pour relaxer le patient, avant de repartir à son point initial et le réveiller. Selon les explications de la société, "les variations du rythme, de la mélodie, des fréquences et l’harmonie des séances Music Care agissent par des canaux sensoriels, cognitifs, affectifs et comportementaux. Au niveau neurophysiologique, la musique stimule naturellement la production d’endorphines et de dopamine", qui sont les neurotransmetteurs du bonheur.

Ce dossier complet est à lire ce week-end dans le supplément "Quid" de La Libre