Sarkozy, le "Salopard" de Hollande

Cl.D. Publié le - Mis à jour le

Société

Lors de sa campagne électorale, François Hollande avait invité Laurent Binet, écrivain auréolé du prix Goncourt du premier roman en 2010, à le suivre. Le livre retraçant ces quelques mois passés aux côtés de l'actuel président, et intitulé "Rien ne se passe comme prévu", sortira en septembre, mais l'auteur a accepté de l'évoquer dans une interview accordée au Nouvel Observateur. On y apprend notamment que les deux hommes ne s'apprécient vraiment pas. En tout cas, c'est sûr, Hollande n'aime pas Sarkozy. "La seule chose qu’on lui a reprochée, dans ce domaine-là, c’est d’avoir dit que Sarkozy était 'un sale mec'. Ça m’a fait rire, parce qu’en privé, il traitait régulièrement Sarkozy de 'salopard', de manière tout à fait naturelle et tranquille."

Dans sa vie loin des meetings et des caméras, le candidat socialiste est un homme sous contrôle qui ne dérape quasi jamais. Mais il peut aussi parfois se lâcher et lancer un "On s'en fout de la gerbe!" lorsqu'il parle de la cérémonie d'hommage à Bérégovoy. Pas de connivence non plus entre Hollande et l'écrivain, trop timide. "Je raconte quelques scènes un peu grotesques où j’ai l’occasion de parler à Hollande et n’y arrive pas, en partie par timidité. On s’est parlé quand même, mais sans multiplier les longs entretiens au coin du feu. Hollande n’est pas un mec qui te tape dans le dos."

Laurent Binet se dit impressionné "par la liberté de ton des politiques. Je me demandais souvent s’ils se souvenaient à qui ils parlaient. Plusieurs fois, j’ai demandé: 'Au fait, je peux citer ça ?'. En général, on me répondait: 'Oui, c’est bon !'. J’avais des scrupules (…) J’ai essayé de ne pas trop m’autocensurer." Cependant, tout ne fut pas toujours bon à dire et Laurent Binet a dû taire certains propos. "Parfois on me disait: 'ça c’est off'".

Quant à Valérie Trieweiler, c'est elle qui lui a permis de suivre la campagne électorale des coulisses. Le première dame de France l'avait interviewé pour son précédent livre. L'écrivain avait gardé son e-mail, ce qui lui a permis d'entrer en contact avec le candidat du parti à la rose. Dans le livre "Rien ne se passe comme prévu", Valérie Trierweiler a bien évidemment une place, mais bien moins importante que celle qu'elle a pu parfois avoir dans les articles sur son compagnon. Cependant, son avis dans certaines décisions a évidemment pesé, comme l'explique Laurent Binet. "Hollande l’écoutait, comme il écoutait les remarques de son fils, Thomas. Disons qu’à partir du moment où les gens sont présents, c’est Hollande qui a souhaité qu’ils le soient, et du coup il les écoute. Là pour le coup, ça me paraît une situation assez normale, que quelqu’un écoute son conjoint. Donc oui, je pense que sa parole avait du poids".

Le choix de suivre François Hollande s'est-il fait en fonction des affinités politiques de Laurent Binet ? Pas si sûr. "Je ne saurai jamais ce que j’aurais voté si je n’avais pas suivi ainsi sa campagne. Au final, j’ai choisi Hollande au premier tour. Je veux croire qu’il y avait des raisons politiques", a-t-il confié au Nouvel Observateur.

Il reste maintenant à savoir ce que Sarkozy pouvait dire de Hollande dans son intimité…

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