Société

Il y a ceux qui changent radicalement de vie du jour au lendemain, qui démissionnent et s’envolent pour l’Île Maurice. Et puis, il y a ceux qui font un choix moins radical, mais qui veulent épicer leur quotidien en partant momentanément à l’aventure.


C’est le cas de l’équipe des cinq aventuriers de "Row Your Dream" (Ndlr : "Rame ton rêve") qui prendra le départ, en décembre 2018, d’une course d’aviron de 5 500 kilomètres, sans assistance : la "Talisker Whisky Atlantic Challenge". Dans presque un an, leur métro-boulot-dodo se métamorphosera en aviron-aviron-aviron, agrémenté de quelques heures de sommeil par-ci par là.

L’ivresse de l’aventure

"On a envie d’expérimenter ensemble l’ivresse d’une aventure hors du commun", lance Guillaume Vanderwinden, 28 ans, l’un des co-équipiers.

5 500 km, 60 jours, l’une des courses les plus dures au monde, rien qu’à la force de leurs bras… On est loin de la petite aventure du dimanche ! Les cinq amis ont toutefois quelques défis sportifs à leur actif : expéditions à vélo, à pied ou en kayak gonflable dans des contrées parfois reculées telles que l’Iran, l’Ouganda ou la Norvège. Guillaume, Kevin, Thomas, Simon et Martin ont déjà pu y souder leur amitié en quittant leur confort, en affrontant l’imprévu et en profitant des rencontres et des paysages uniques. Mais traverser l’Atlantique à la rame n’est pas qu’un simple défi entre amis…

Vivre une réelle déconnexion

A l’heure où on légifère sur le droit à la déconnexion des employés et où on organise des week-ends dans des "no Wi-Fi zones", nos cinq aventuriers semblent avoir trouvé la panacée pour se déconnecter : ramer d’un bout à l’autre de l’Atlantique, voyons ! "Sur l’Atlantique, le téléphone satellite sera notre seul lien avec l’extérieur. Notre environnement quotidien se résumera à l’immensité bleue à perte de vue, à une coquille de noix et à quatre amis pour bavarder", détaille Guillaume. "En vivant cette déconnexion extrême, nous apprendrons certainement à prendre du recul".

Sortir de sa zone de confort

Si l’équipe de presque trentenaires (et d’un trentenaire) se lance ce défi, c’est également pour sortir de leur zone de confort. "Pendant 60 jours, il n’y aura pas de vraie douche, pas de vrai lit, ni de vrai repas. Pas d’intimité non plus. Or, expérimenter le manque permet de reprendre conscience de la vraie valeur de certaines choses et de l’absurdité d’autres", souligne Guillaume, en ajoutant : "En participant à cette course, on est également curieux de voir de quoi on est capable mentalement. On sera dans l’obligation de s’adapter, de surmonter les problèmes, de régler les conflits, etc.".

Chaque jour, durant deux mois, ils ne dormiront qu’entre deux et trois heures d’affilée, avant de se remettre à ramer. Et durant cette même période, ils goûteront au plaisir de la nourriture lyophilisée, même s’ils avouent avoir prévu d’emporter "un bout de fromage ou du saucisson pour Noël", rigole le jeune homme.

Aujourd’hui, à un an du grand départ, "Row Your Dream" représente un projet entrepreneurial d’envergure pour les cinq rameurs. Entre la recherche de sponsors, l’apprentissage de l’aviron, la communication, la recherche de fonds pour l’ASBL TADA (ToekomstATELIERdelAvenir) qu’ils soutiennent et la préparation logistique et mentale, les cinq Bruxellois vivent déjà une première aventure.

Et après ? "Cette expérience va certainement nous inciter à voir la vie sous un autre angle. Comme on se lance dans un projet qui nous passionne, je suis également convaincu qu’on en retirera chacun que du positif, que ce soit un déclic professionnel, privé, des rencontres, avec soi ou les autres", conclut Guillaume. Ressortiront-ils changés en deux mois à peine ? Réponse début 2019.


>>> Pour suivre leur aventure avant, pendant et après la course, ou pour les soutenir : www.rowyourdream.com ou facebook.com/rowyourdream