Société

Clinton Pryor, un Aborigène de 27 ans, parcourt l'Australie à pied depuis près d'un an pour attirer l'attention sur les injustices dont sont victimes les communautés autochtones du pays. 

Parti le 8 septembre 2016 de Perth, à l'ouest du territoire, il devrait arriver ce dimanche à Canberra, la capitale située à l'est. Il a déjà plus de 5.500 km dans les jambes. Fatigué, genouillère à la jambe droite, Clinton Pryor en est à sa sixième paire de chaussures. Il est arrivé cette semaine à Campbelltown, près de Sydney, où il a été accueilli sous les applaudissements dans un centre aborigène.

Tout au long de sa "marche pour la justice", cet homme devenu orphelin à 16 ans a veillé à rencontrer un maximum d'autochtones afin de porter leurs doléances jusqu'aux plus hautes autorités, à Canberra.

Dans la capitale, il a prévu en particulier de rencontrer le gouverneur général, représentant de la reine Elisabeth II en Australie, pour lui faire part de toutes les injustices observées durant son périple.

Clinton Pryor a vraiment pris conscience de ces injustices en 2003, quand il a été expulsé du village où il vivait avec sa famille. Il a ensuite perdu son emploi et est resté sans abri pendant deux ans. "Les sans-abri ne sont pas le problème, ils sont le produit d'une situation qui dure depuis des décennies. Et tout cela se passe dans un pays qui gagne des milliards de dollars par an", analyse-t-il aujourd'hui.

En 2015, il avait initié une manifestation dans un camp de réfugiés à Perth contre la fermeture de villages aborigènes. Mais malgré leur mobilisation, les gens avaient le sentiment d'avoir perdu la bataille pour leurs droits. "J'ai alors pensé à faire quelque chose de plus que seulement protester", raconte Clinton Pryor.

Les Aborigènes, qui vivent sur le continent depuis plus de 65.000 ans, représentent environ 3% de la population australienne. A eux seuls, ils comptent cependant pour un quart des sans-abri et 27% des détenus. Leur taux de suicide est également plus élevé.

Dans les communautés autochtones, la nourriture est vendue à un prix exorbitant et beaucoup n'ont pas accès aux services de base comme l'eau potable et les soins de santé.