Un Indien crée la serviette intime « low-cost »

S.C Publié le - Mis à jour le

Société

L'hygiène intime est un problème récurrent dans les campagnes indiennes. Seules 12% des femmes concernées par les menstruations en Inde utilisent des produits hygiéniques. L'inconfort et les infections font donc partie du quotidien féminin, certaines se protégeant avec du sable ou de la boue. Et pire encore, 23% des jeunes filles ne se rendent plus à l'école pour cette raison.

Interpelé par une femme qui ramassait des chiffons dans la maison, Arunachalam Muruganantham a décidé qu'il était temps d'agir. Dans "The Independent", il révèle les confidences de cette dame: « Si j'achète des serviettes hygiéniques, cela veut dire que je ne pourrai pas acheter de lait pour la famille ». Interpelant!

Pauvre, le concepteur a testé les serviettes avec du sang de chèvre

L'homme d'affaire indien a donc décidé de créer une machine, avec des moyens limités puisqu'il vivait lui-même sous le seuil de pauvreté. Elle produit, en cinq étapes simples, 120 serviettes par heure. Ses produits, il les vend 10 roupies, au lieu de 30 sur le marché.

Durant quatre ans, l'homme a porté ses propres produits hygiéniques pour les tester, en utilisant des poches remplies de sang de chèvres. Face à cette collection de serviettes usagées (pour les étudier), sa femme a d'ailleurs bien failli le quitter. Sans compter, sa mère qui le prenait pour un fou. Mais Arunachalam Muruganantham a tenu bon. Suite à quelques investigations, il a compris qu'il devait transformer de la fibre végétale en cellulose, et non du coton.

Depuis, des centaines de machines ont été distribuées dans le pays. Son produit est vendu sous le nom de Laadli, « Ma fille bien aimée ». Outre la révolution qu'il occasionne dans la vie des femmes, il leur offre également du travail via ces appareils.

En 2009, l'homme s'est vu récompenser d'un prix de l'innovation. Aujourd'hui, il tente de convaincre des entrepreneurs et des ONG de développer son invention en Afrique.

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