Un coin de Japon à Hasselt

S.P.F. (St.) Publié le - Mis à jour le

Voyage

Après avoir franchi le portique de l’entrée, le promeneur est accueilli par le bruit d’une cascade qui se dresse devant lui. Aux pieds de la chute d’eau, un chemin sinueux, fait de planches de bois et bordé d'iris, surplombe un bassin dans lequel des poissons évoluent paisiblement. C’est ainsi que débute le voyage du marcheur.

Tout au long du parcours, il découvre un jardin où, à chaque détour du chemin, apparaît un nouveau paysage. « La promenade du parc fait mil deux cent mètres, et tous les vingt à cinquante mètres, le promeneur se retrouve dans un nouveau décor qu’il ne découvre qu’en avançant. Par l’agencement du jardin, les différents espaces apparaissent progressivement, on n’en voit jamais deux en même temps. C’est pareil pour l’entrée et la sortie du parc : une fois à l’intérieur, elles sont hors de vue » explique Zygmund Krzywania, de l’office du tourisme de Hasselt.

Si aujourd’hui il est possible de déambuler dans les allées d’un authentique jardin japonais en Belgique, c’est parce que des hommes ont eu à cœur de tout faire dans les règles. Dans les années 1990, des hommes sont arrivés de la ville d’Itami, près d’Osaka, jumelée à celle de Hasselt. Après avoir vu l’espace disponible, les plans du parc ont été pensés au Japon, et des spécialistes ont fait le voyage pour leur donner vie. « Lorsque ces hommes sont arrivés et que les travaux ont commencé, il fallait que chaque élément soit placé exactement à l’endroit prévu par le plan, pour qu’il y ait une harmonie », raconte Mr Krzywania. Il poursuit en expliquant que « les Japonais ont un rapport à la nature différent du nôtre. Pour eux, chaque plante, chaque arbre, chaque rocher ont une âme. C’est pourquoi il est important que tout soit rigoureusement millimétré, pour que ces composantes du jardin ne souffrent pas. Il fallait parfois une demi-heure rien que pour poser un rocher ! C’était vraiment très étrange pour nous, Belges. »

La précision s’applique également dans le soin des plantes : les jardiniers qui s’occupent du jardin sont partis quelques jours au Japon pour y suivre une formation. On ne fait pas n’importe quoi avec dame Nature ! Et pour s’assurer de la perfection du site, tous les trois à quatre ans, des spécialistes, en provenance directe du pays du Soleil-Levant, viennent vérifier l’état des lieux. « C’est impressionnant de les voir travailler. Beaucoup de visiteurs ne viennent que pour cela. On les voit manipuler précautionneusement les plantes avec des gants blancs, ils ne marchent pas directement avec leurs chaussures sur la pelouse, etc. C’est tout un évènement quand ces spécialistes sont présents », confie Mr Krzywania.

Un autre point essentiel des jardins japonais, c’est la symbolique qui se cache derrière les éléments. « La métaphore est très importante. Par exemple, si l’on considère le cours de l’eau, on voit qu’il représente la vie d’un homme. Elle suit donc un parcours précis. A l’entrée du parc il y a cette cascade. L’eau y est vive, cela représente la jeunesse de l’homme. Ensuite, de rivières en bassins, le cours de l’eau s’apaise : l’homme mûrit et s’assagit, et donc devient plus calme, lui aussi » explique Mr Krzywania. Il poursuit en confiant que « la première fois que l’on visite le jardin, il vaut mieux être accompagné d’un guide, sinon on ne prendra pas conscience de tout cela. »

Les Japonais ont également installé leur croyance dans cet espace. Le long du chemin, avant de pénétrer dans chaque nouveau décor, une petite porte fermée bloque le passage. Elle n’est pas là pour entraver la progression du promeneur, mais celle des démons. Et le dernier à franchir la porte ne devra donc pas oublier de la fermer derrière lui. Il en va de même pour les pierres qui composent certains sentiers ou escaliers : il ne faut jamais les aligner. C’est la seule façon de perdre ces esprits malveillants, et ainsi éviter qu’ils ne suivent les marcheurs.

Le voyage ne s’arrête pas là. Pendant les sept mois d’ouverture, diverses activités sont organisées afin de faire découvrir au public d’autres éléments de la culture japonaise. Comme par exemple la cérémonie du thé, exécutée par un senseï, un maître de cérémonie diplômé ; ou encore l’ikebana, ces délicates compositions florales. Un moyen de découvrir, en plein air, un autre monde.

Jardin japonais, rue Gouverneur Verwilghensingel z/n, à Hasselt. Tél. : 011 23 52 00 (du 1er avril au 30 octobre) ou 011 23 95 40 (en dehors de cette période)

Plus d'informations sur www.hasselt.be et sur www.webotaku.com

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