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Condamnée au succès

La terre, avec son pétrole qui disparaît et son air qui se réchauffe, ne peut qu’inciter les consommateurs et leurs dirigeants politiques à se tourner vers la solution la plus concrète actuellement : la voiture hybride

Il y a cinq ans, lorsque Toyota introduisit la première voiture hybride (la Prius) en Europe et aux Etats-Unis, nombreux furent les fabricants d’automobiles à ricaner. Quelques années plus tard, plus personne n’a envie de rire. En particulier aux Etats-Unis où, devant le succès de la Prius II ou de la Honda Insight, les fabricants mettent désormais les bouchées doubles pour rattraper leur retard. Ford, Daimler-Chrysler, General Motors, tous rentrent dans la danse hybride et proposent désormais des modèles. En 2004, 88.000 voitures hybrides ont été vendues aux Etats-Unis, soit dix fois plus qu’en 2000. Et cela ne fait que commencer : 2005 s’annonce exceptionnel. Profitant de la publicité faite par des vedettes hollywoodiennes comme Leonardo Di Caprio ou Cameron Diaz qui ne tarissent pas d’éloges pour leur nouveau joujou, la voiture hybride est en train de devenir tendance. Mais son succès qui devrait aller croissant dans le futur, elle ne le doit pas à Leonardo mais bien à des facteurs beaucoup plus concrets.

Plus qu’une véritable conscience environnementale née chez le consommateur, c’est la hausse du prix du pétrole qui a véritablement boosté les voitures hybrides. Des réserves mondiales qui maigrissent et l’instabilité du Moyen-Orient ont fait monter le prix du carburant qui ne semble pas prêt d’atteindre son plafond. Du coup, progressivement, de mois en mois, de cent en cent venant s’ajouter au prix du litre, la voiture hybride, plus chère à l’achat du fait de la technologie complexe qui la rend plus coûteuse à produire, est devenue de plus en plus intéressante. Aux Etats-Unis où l’on n’est pas habitué à une essence chère et où le diesel n’a jamais percé, de plus en plus de gens commencent à envisager l’achat de ce type de véhicule.

En Europe, la courbe ascendante du prix du carburant a eu pour effet, surtout en Belgique d’ailleurs, de promouvoir les véhicules fonctionnant au diesel, moins cher que l’essence. C’est sans doute une des causes qui expliquent que l’hybride ne perce pas encore comme de l’autre côté de l’Atlantique.
Cependant, si le prix à la pompe continue de grimper dans les années à venir, ce qui est plus que probable, le diesel pourrait finir par perdre de sa superbe. La différence de 5.000 à 10.000 euros entre hybrides et diesel pour des voitures d’un même segment sera de plus en plus compensée par la consommation fort basse de l’hybride et ce, même pour des véhicules de gamme supérieure comme les monospaces familiaux ou les 4X4. Un autre facteur devrait rendre l’hybride plus attractif face au diesel, il est d’ordre politique.

C’est finalement notre planète qui pousse à l’hybride pour l’avenir.
Car ce sont ses réserves de pétrole sur le déclin qui agissent sur l’économie mondiale et pousse les consommateurs à se tourner vers des véhicules à plus faible consommation.
Car c’est son climat, de plus en plus échauffé par l’activité humaine, qui pousse les politiques à prendre des décisions pour limiter l’effet de serre.

Il faut diminuer le rejet de CO2 dans l’atmosphère. Le protocole de Kyoto vise ce but. Mais il n’a pas été signé par les Etats-Unis. De plus, des pays en plein développement comme la Chine ou l’Inde vont nécessairement produire toujours plus de CO2. Il y a donc nécessité d’encourager des solutions qui rejettent moins de gaz carbonique et dans le même temps n’affaiblissent pas le développement économique. Dans le secteur automobile, la voiture hybride constitue une alternative désormais bien concrète et commercialisée. C’est pourquoi, de nombreux pays dont la Belgique, proposent désormais des incitants fiscaux à l’achat de ce type d’automobile. Ces incitants pourraient augmenter à l’avenir et se voir fortifier dans leur impact sur le consommateur par l’arrivée de futures directives européennes strictes, peu enclines à aider le diesel par exemple.

Avec les pressions économiques et environnementales qui font monter le prix du pétrole et adopter des mesures fiscales incitatives, la voiture hybride devrait se faire une place de plus en plus grande dans les deux décennies à venir (Toyota a annoncé très récemment qu’elle comptait produire un million de véhicule en 2010). Ceci en attendant la voiture à hydrogène qui ne rejettera plus du tout de CO2. Cette voiture presque idéale n’est toutefois encore qu’au stade du développement et de nombreux obstacles restent à résoudre avant sa commercialisation. Le prix du pétrole et le réchauffement du climat ont, eux, dépassé le stade du développement et sont bien réels…


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