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Facture, transition énergétique, approvisionnement, éco responsabilité…Comment les entreprises vivent-elles l’énergie au quotidien ?

Compétitivité, emploi, réchauffement climatique… L’énergie se cache en toile de fond de tous les grands dossiers socioéconomiques actuels, et cristallise autour d’elle une myriade de questionnements. Le mix énergétique représente-t-il le futur pour nos entreprises ? Comment permettre l’émergence d’acteurs florissants et pourvoyeurs d’emplois à l’ère de la transition énergétique ? Dans ce dossier, nous tenterons de répondre à plusieurs interrogations permettant de déterminer la compétitivité de nos entreprises sur l’échiquier énergétique. Et ce, en les confrontant à la réalité du terrain.

Les entreprises implantées en Belgique paient-elles leur énergie plus cher que dans les pays européens voisins ?

C’est un message très largement répandu : les tarifs énergétiques pratiqués en Belgique minent le positionnement et le succès des entreprises implantées sur le territoire national. Cette affirmation semble pourtant avoir été nuancée il y a peu. Dans son étude parue en 2017, PwC a en effet comparé, pour le compte de la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz (CREG), les prix de l’énergie de différents consommateurs professionnels en Belgique et dans quatre pays voisins (Allemagne, Pays-Bas, France et Royaume-Uni). Il en ressort un bilan mitigé, qui diffère à la fois en fonction de l’énergie déterminée (gaz ou électricité), et des profils de consommation des entreprises (PME ou industriels).

S’agissant des petits consommateurs électriques (type startups ou petites PME), cette étude semble indiquer un manque criant de compétitivité : après l’Allemagne, la Belgique serait effectivement le pays le moins compétitif de ceux étudiés, avec un prix de l’électricité en moyenne 22 % plus chère que la moyenne des pays voisins. Une différence trouvant à s’expliquer par un prix de la commodité sensiblement supérieur, mais aussi et surtout par des tarifs réseau (transport et distribution), des taxes et des prélèvements plus importants en Belgique. Concernant les consommateurs électriques industriels, la situation se complique et les points de vue divergent. Alors qu'une autre étude (celle de Deloitte-Fébeliec 2018) considère que notre pays paierait entre 10,5 % à 34 % de plus pour son électricité que la moyenne des pays analysés, celle de PwC-CREG entend nuancer les choses.


Analyse de la composante des prix de l'électricité pour les petits consommateurs professionnels
© PwC - CREG 2018

Cette dernière opère une distinction entre les entreprises électro-intensives (c’est-à-dire celles dont les coûts de l’énergie représentent une part importante du chiffre d’affaires ou de la valeur ajoutée), et les autres. Elle ajoute que chez nos voisins européens (Allemagne, Pays-Bas, France), une entreprise possédant le statut d’électrointensif bénéficie de très larges exonérations sur sa facture, ce qui lui confère un avantage compétitif indéniable sur ses concurrents belges ne pouvant compter sur ce genre de mécanismes. Une affirmation que semble corroborer l’entreprise Essity (voir notre focus). À l’inverse, pour les sociétés non électrointensives (qui ne bénéficieraient pas d’exonérations en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas), l’étude PwC - CREG se veut rassurante, et fait état de tarifs compétitifs. Au total, en calculant des moyennes sectorielles et en considérant que les industries consomment à la fois du gaz et de l’électricité, PwC - CREG arrive à la conclusion suivante : s’agissant des industriels non électro-intensifs, la facture énergétique belge est largement moins élevée que celle de nos voisins (l’on parle, selon les hypothèses retenues, de factures réduites de 15 % à 23 %). Pour les entreprises électro-intensives, la perspective est renversée, et le handicap énergétique belge se chiffre entre 7 % et 14 %. Notons que ce manque de compétitivité pourrait être encore plus important s’il n’était compensé par le prix du gaz belge, extrêmement bon marché. En effet, s’agissant du gaz naturel, la Belgique offre aux industriels, et dans quasiment tous les cas, le coût le plus faible de l’ensemble des pays considérés. De même, s’agissant des petits consommateurs professionnels, notre pays est, après le Royaume-Uni, le pays le moins cher de ceux étudiés dans l’étude PwC - CREG (avec des prix 14 % moins chers que la moyenne des pays voisins).


© La Libre Network

Société productrice de papier, Essity est établie à Bruxelles et en Wallonie, où elle emploie 500 personnes à l’année. À Stembert, son site de production wallon, l’entreprise consomme entre 70 GWh/an et 75 GWh/ an au travers de deux phases : la fabrication et la transformation du papier. Une activité considérée comme très énergivore, au même titre que la sidérurgie et la cimenterie, comme l’explique Jacky Dechamps, directeur de l’usine de Stembert. « Notre facture annuelle d’électricité s’élève à 5,5 millions d’euros, dont 2,5 millions de taxes, soit 45 % de notre facture. Comparée à nos concurrents allemands ou français, la différence est abyssale. Ces derniers paient près de 70 % de taxes en moins grâce à leur statut électro intensif qui les rend plus compétitifs. Chez nous, de telles aides n’existent pas. Les pouvoirs publics belges ont décidé d’aller chercher des taxes sur l’énergie dans les entreprises. La politique énergétique belge me semble en outre assez nébuleuse. Il est difficile pour les entreprises de faire des investissements structurels, car on ne sait pas à quelle sauce on sera mangé dans quelques années. Ce manque de prédictibilité est donc compliqué pour nous », ajoute Jacky Dechamps. Pourtant, l’industriel ne s’avoue pas vaincu. « Cette situation est également positive, car elle nous force à relever un challenge : être très bons et très performants. Être un joueur wallon dans un marché très concurrentiel nécessite d’être à la pointe à tout moment, et notamment en matière énergétique. C’est pourquoi nous mettons beaucoup de choses en oeuvre pour nous en sortir, tels que des programmes d’économie d’énergie. Nous utilisons les nouvelles technologies, mais réalisons aussi des choses plus simples, comme changer nos ampoules. En interne, nous avons des gens qui travaillent également toute l’année à la confection d’un catalogue de bonnes pratiques. Il en existe à l’heure actuelle près de 500, qui sont applicables pour réduire notre consommation. Depuis 2005, nous avons réduit de 15 % notre consommation d’énergie. »


L’énergie coûte-t-elle forcément plus cher en Wallonie qu’en Flandre ?

Les fédérations patronales wallonnes le répètent inlassablement : les coûts énergétiques pratiqués au sud du pays sapent le développement industriel, la rentabilité et l’emploi des entreprises wallonnes. Étude à l’appui, la Febeliec annonce d’ailleurs pour 2018 un écart spectaculaire du prix du MWh entre Flandre (62 euros, pour des profils de consommation de 100GWh/an), et Wallonie (71 euros). Pourtant, du côté de la CREG, et pour les mêmes profils de consommation, le constat est tout autre puisque c’est la Région Wallonne qui tient la dragée haute face à sa voisine du nord. « Cette divergence d’interprétation entre les études s’explique notamment par le niveau de raccordement envisagé, explique Damien Ernst, professeur à l’ULg et spécialiste de l’énergie. Dans l’étude Febeliec, le raccordement des industriels est de 70 kV, ce qui suppose pour l’entreprise de s’acquitter de certaines taxes régionales (telles que la surcharge Elia, qui plombe les entreprises wallonnes). À l’inverse, le client 100 GWh de la Creg est raccordé en 150 kV et ne devra donc rien payer. » Toujours selon la Creg, la Wallonie serait également plus compétitive que sa voisine du nord concernant les startups et PME (50.000 kWh/an). La Flandre ayant la facture annuelle la plus élevée.


Facture annuelle totale (profil de consommation de 100 GWh/an)
© PwC - CREG 2017

Autre problème pointé du doigt par les fédérations patronales : le manque à gagner pour nos régions d’un coût énergétique trop important. « Nos coûts énergétiques impactent négativement nos chances d’attirer de nouveaux projets et emplois en Belgique », déclare Peter Claes, administrateur de Febeliec. Une opinion partagée par l’UWE, pour qui la Belgique perd « un potentiel de 500 millions et 2.500 emplois à cause du coût de l’énergie », mais pas forcément corroborée par Jean Pierre Marcelle, directeur général de l’Agence wallonne à l’exportation (AWEX) et aux investissements étrangers. « Sur les trois dernières années, nous n’avons pas eu le moindre dossier qui ne se soit installé en Wallonie à cause des coûts énergétiques », déclare Jean Pierre Marcelle. « Pour les entreprises étrangères, le coût est bien sûr important, mais tout autant que la fiabilité, le service et la sécurité d’approvisionnement. Or en Wallonie, jusqu’à présent, ce dernier aspect a toujours été très positif. La fiabilité des réseaux se rapproche de 100 %, l’interconnexion est bonne, et l’attente quasiment nulle. Pour les nouveaux acteurs, tels que les « data centers », c’est capital », ajoute Jean Pierre Marcelle. Et de prendre en exemple le cas Google. « Google est arrivé en Wallonie en 2009. Aujourd’hui, non seulement le groupe n’est pas parti, mais il continue d’investir dans un nouveau centre. Signe que la région est porteuse. » Au total, le géant américain aura investi 1 milliard d’euros en Belgique.


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Située à Geer, en Région Wallonne, Hesbaye Frost est une entreprise spécialisée dans la culture et la surgélation de légumes frais. Considéré comme un consommateur industriel électrique moyen (environ 47 GWh l’année passée), le site doit faire face à une situation particulière, comme l’explique Quentin Regout, son directeur général. « Notre site fait partie de l’entreprise Ardo, qui possède un site de même taille que le nôtre au nord du pays. Alors que nous avons le même contrat, le même fournisseur d’énergie et la même consommation que ce dernier, notre facture est nettement plus élevée. Nous payons en effet 12 à 13 euros de plus du MWh en Wallonie, ce qui fait grosso modo 550.000 euros de plus, et ce, uniquement en taxes (transport, distribution, contribution à l’énergie verte). Finalement, notre coût énergétique équivaut au coût du personnel de production. » Pour le chef d’entreprise, les pouvoirs publics doivent comprendre que la disparité entre ces sites est un frein pour la compétitivité wallonne. Mais il ne reste pour autant pas les bras croisés. « Nous nous tournons de plus en plus vers la notion d’autoproduction, pour avoir une source d’énergie qui nous appartienne, et dont on connaît le coût. Mais également par élan écologique, car nous n’oublions pas que nous vivons de la nature. Notre but ? Avoir un coût au kilo qui se rapproche de la Flandre, ou de la France. » Pour ce faire, l’entreprise utilise différents moyens : le photovoltaïque (2 % – 3 % de la consommation totale du site), mais aussi la bio méthanisation. « Notre site est membre de la coopérative BHG (Biogaz du Haut Geer), qui réalise de la bio méthanisation », stipule Quentin Regout. « Cette technique utilise les déchets organiques pour créer de l’énergie. Grosso modo, elle nous permet de produire actuellement 11 GWh/an, ce qui équivaut à 20 % – 25 % de notre consommation annuelle. » Hesbaye Frost lance d’ailleurs un projet pour tripler ce nombre, et ainsi arriver à 75 % – 80 % (panneaux + bio méthanisation) d’énergie autoproduite. « L’ensemble ferait un circuit fermé magnifique », explicite Quentin Regout. « Pour moi, ce principe de circuit fermé est la seule chose durable pour une entreprise relativement énergivore. Sachons combiner les aspects économiques et de durabilité. On peut aujourd’hui faire des projets durables, qui tiennent la route économiquement. C’est clair qu’il ne faut pas regarder le retour sur investissement à un an ou deux comme un projet industriel pur. Mais sur des échéances moyens-longs termes, tout ceci est sûrement rentable. »



Les certificats verts wallons : une gestion calamiteuse ?

Ce n’est un secret pour personne : le dossier des certificats verts résidentiels a été très mal géré en Wallonie. Rien que pour la période 2019-2030, le déficit de financement du marché s’élèvera à 1,55 milliard d’euros et sera répercuté sur le dos du citoyen et des entreprises. À l’origine, le mécanisme des CV était pourtant une idée louable : soutenir la production d’électricité renouvelable. Mais les choses se sont vite emballées quand un nombre beaucoup trop important de CV a été octroyé aux particuliers qui investissaient dans le photovoltaïque. Au point que le marché n’a plus été capable d’en absorber l’afflux. « Dans le passé, les taux de CV n’étaient pas adaptés suffisamment rapidement à la baisse explique Jérôme Flament, développeur de projets d’énergies renouvelables pour l’industrie chez Perpetum Energy. Par conséquent, la rentabilité des installations photovoltaïques était très importante et a créé des effets d’appel à l’origine de la bulle des CV. » Une situation qui n’a, à l’inverse, jamais existé dans le photovoltaïque industriel, pour lequel les CV ont toujours été maintenus à un niveau juste, et adaptés en fonction de l’évolution du prix des installations. « Chaque année, la Région Wallonne définit une enveloppe annuelle de CV à octroyer pour les projets renouvelables industriels », ajoute Jérôme Flament. « Et ce, pour éviter l’émergence d’une bulle comme sur le marché résidentiel. La gestion est donc plus rigoureuse, car régulée. » Notons que parmi les CV octroyés chaque année au niveau industriel, les panneaux photovoltaïques occupent la quatrième place (51.000), derrière l’éolien (292.000), la biomasse (140.250) et le biogaz (88.425). À l’heure actuelle, si des certificats verts ne doivent plus être octroyés pour réaliser un projet photovoltaïque résidentiel rentable, ils sont encore indispensables pour le photovoltaïque industriel. En cause ? Une électricité deux à trois fois moins chère chez l’industriel, chez qui une installation photovoltaïque génèrera moins d’économie sur la facture…


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Les Carrières Unies de Porphyre (CUP), ce sont trois carrières implantées en Wallonie. Cet été, dans un souci d’améliorer ses performances et de se tourner vers le renouvelable, leur site de Lessines s’est doté du plus grand parc photovoltaïque de Wallonie : 17.312 panneaux sur un terrain de 7,6 hectares. De quoi générer 2.8 GWh/an. « Soit la consommation de 1380 ménages », explique Perrine Garreau, responsable environnement et géologie aux CUP. « D’un point de vue écologique, notre installation permet d’éviter la propagation de 1700 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. À titre de comparaison, il faudrait une forêt de 120 hectares pour absorber la même quantité de CO2. Économiquement parlant, ces panneaux réduisent de 30 % notre facture et permettent de couvrir 40 % de nos besoins énergétiques », ajoute Perrine Garreau. Une vraie aubaine pour la carrière, qui consomme 9GWh/an. Quant au choix du photovoltaïque, il s’est imposé rapidement pour la responsable. « Il s’agit d’une énergie renouvelable très simple à développer contrairement à d’autres (éolien, cogénération), qui demandent des processus de développement et d’autorisation beaucoup plus coûteux et longs. En toiture, une unité photovoltaïque demande six mois pour être opérationnelle. »

Pour financer l’opération, les carrières se sont tournées vers un système de tiers investisseur. « Les CUP n’ont pas voulu investir dans leur parc directement », explique Jérôme Flament, Chief Sales Officer chez Perpetum Energy, développeur de projets d’énergies renouvelables pour l’industrie. « C’est le cas de 90 % de nos clients industriels. Cela ne fait pas partie de leur coeur de métier. Dans le cas présent, les carrières nous ont donc mis le terrain à disposition. Nous avons financé le parc, nous l’avons installé et nous en sommes propriétaires. Nous leur cédons ensuite l’intégralité de l’électricité produite par les panneaux, à un tarif plus intéressant que le réseau. Notre propre rentabilité venant elle du loyer que nous percevons sur l’installation, ainsi que des certificats verts reçus de la Région Wallonne. » Une situation plus qu’intéressante pour les carrières. Si elles avaient dû financer elles mêmes le projet, et compte tenu des taux d’octroi et des prix d’achat des installations, elles auraient fait face à un taux de retour sur investissement de dix ans.


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L’entreprise N-Side utilise les données et « l’advanced analytics » pour que les entreprises améliorent leur optimisation énergétique. Par le biais de ses algorithmes, N-Side va effectivement être capable de prédire les prix futurs de l’énergie, ainsi que la consommation à venir des industriels. L’idée ? Que ces derniers (souvent des électro-intensifs), soumis aux fluctuations des prix de l’énergie, consomment au bon moment, c’est à dire quand la commodité est la moins chère. Le tout en respectant leurs contraintes de production. « Lorsque nous nous rendons chez un client, nous tentons de comprendre son activité et les contraintes industrielles et techniques qui lui sont inhérentes », explique Olivier Devolder, Head of energy group chez N-side. « Certaines usines ne peuvent par exemple pas s’arrêter de produire trois fois dans la journée, sous prétexte que les prix de l’électricité sont en hausse à ces moments-là… Nous allons donc utiliser des techniques mathématiques basées sur l’intelligence artificielle, pour modéliser les contraintes des sites industriels de nos clients. Sur base de ce modèle, nos clients vont pouvoir optimiser leur planification de production et de consommation énergétique. » En bénéficiant d’un tel planning énergétique, les entreprises obtiennent un gain sur leur facture énergétique de l’ordre de 10 %. « Faire preuve de flexibilité est absolument essentiel pour réussir la transition énergétique », conclut Olivier Devolder. « Il ne suffit en effet pas de consommer moins, mais de consommer mieux c’est-à-dire au bon moment. »


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Selon l’étude PwC-Creg, la Wallonie serait dans certains cas plus compétitive que la Flandre. Qu’en pensez-vous ?

Tout dépend du profil et du volume de consommation. Mais globalement, et c’est le retour que nous avons du terrain, les entreprises wallonnes restent défavorisées par rapport à leurs concurrentes flamandes, et ce, de l’ordre de 10 % en moyenne. Ce delta est la résultante de taxes telles que les redevances de voiries, et les prélèvements liés au renouvelable. Il faut être attentif à préserver la position concurrentielle des entreprises électro-intensives au sens strict, mais aussi des entreprises exposées à la concurrence internationale et des gros consommateurs.

Le renouvelable pèse-t-il donc sur la compétitivité des entreprises wallonnes ?

Même si elles bénéficient de réductions ou d’exonérations partielles, les entreprises financent elles aussi le développement du renouvelable et cela se ressent dans leurs coûts. Il faut réinventer la manière dont le soutien au renouvelable est répercuté dans la facture car on n’y coupera pas : nous devons nous inscrire dans la route de la transition énergétique, pour arrive à une électricité neutre en termes d’émissions de CO2. Cela doit néanmoins se faire avec sérieux, et en maîtrisant nos coûts.

Risque-t-on le blackout en 2019 ?

Le plan de délestage est justement là pour éviter le black-out. Cela étant dit, le risque de pénurie est évidemment un mauvais signal envoyé aux investisseurs étrangers. Nous devons garder une capacité de production endogène suffisante. Notre approvisionnement ne peut pas dépendre uniquement de nos interconnexions.