Brabant Les collègues de la déléguée syndicale qui a mis fin à ses jours lui ont rendu hommage.

Ce mardi soir, devant l’hôtel communal d’Etterbeek, l’émotion était palpable. Collègues, membres de syndicats et travailleurs à la commune… Une cinquantaine de personnes sont venues rendre hommage à Sylvie, déléguée syndicale de la Mission locale d’Etterbeek qui a mis fin à ses jours le 23 août dernier après plusieurs mois de burn-out. Outre un dernier hommage rendu à la victime, les délégués syndicaux, proches ou moins proches de Sylvie, sont aussi venus dénoncer le climat de violence et de harcèlement qui règnent au sein de l’ASBL.

"J’ai tenté de me suicider l’année dernière. Le conseil d’administration (CA) le savait, et n’a rien fait", témoigne Marie-Jeanne, amie et collègue de Sylvie, au début de son discours. Une déclaration choquante pour rappeler les problèmes qui persistent au sein de la direction, avant d’énumérer les nombreux souvenirs qu’elle partage avec celle qu’elle appelle sa sœur de cœur, et lui attribuer un discours d’adieu. "On parlait souvent de notre situation, on se soutenait mutuellement et on voulait que la situation change", raconte-t-elle.

Avant qu’elle mette fin à ses jours, Sylvie était en arrêt maladie dû à la pression subie sur son lieu de travail. "Tu te reconstruisais peu à peu, jusqu’à ce que tu reçoives un appel du bureau. Après ça, sont revenus la crainte du retour au travail, le souvenir des douleurs vécues là-bas. Quelques jours après, tu as mis fin à tes jours", se souvient Marie-Jeanne.

"La violence est banalisée"

Dans la foule, de nombreux employés, collègues de Sylvie, sont venus, le cœur serré, écouter les témoignages et participer au lâcher de ballons en mémoire de la victime. "Il y a un réel dysfonctionnement dans la gestion de cette ASBL", témoigne le coordinateur d’un projet au sein de la Mission locale. "Ils exercent constamment une pression sur nous. J’ai de terribles problèmes de cœur et de tension depuis quelque temps et je suis sûr que c’est lié." Juste à côté, Myriam Clessens, tout juste à la retraite surenchérit : "Il y a une violence constante. La nouvelle directrice harcèle les coordinateurs à toutes les réunions et elle est dans l’hyper-contrôle. Elle n’a pas les capacités d’une manager, pourquoi est-elle à cette position ?", poursuit Myriam, faisant référence à la directrice intérimaire qui est venue remplacer l’ancien directeur viré au début du mois de juillet.

Outre les proches et collègues, les représentants syndicaux étaient aussi présents. "Sylvie, ce matin à ton enterrement, j’ai chialé toutes les larmes de mon corps. Tu ne méritais pas ça", entame Marina Künzi, secrétaire permanente de la CNE, avant de rappeler que le syndicat a déposé une plainte pénale contre la Mission locale. "Nous considérons que le CA de l’ASBL, et la direction sont responsables de la mort de Sylvie." C’est finalement un membre de la Setca qui a clôturé les discours, en évoquant la situation des travailleurs de la Mission locale, "qui continue à les détruire. La violence est banalisée dans cet organisme, la violence est dans les murs".

À la demande des syndicats, aucun membre du conseil d’administration n’était présent ce mardi, tant à l’enterrement qu’au rassemblement devant l’hôtel communal.