Brabant

Je suis déjà venu à la nécropole de Chastre, mais je suis très ému d’être ici, aujourd’hui" indiquait Armand Pacteau, vétéran, l’un des derniers survivants de la bataille de Gembloux. L’homme avait 19 ans à l’époque… et il était de retour, dimanche matin, sur ce demi-hectare de terre française, situé à Chastre, à l’occasion de la commémoration de la Bataille de Gembloux.

Une commémoration qui se déroule chaque année mais qui avait un accent particulier, hier, à l’heure de fêter les 75 ans de la seconde guerre mondiale. "Il faut expliquer aux jeunes le sacrifice de tous ces Braves, a indiqué Claude Jossart, le bourgmestre de Chastre, avant d’avoir "une pensée pour ces soldats, venus du Maroc, de Tunisie, d’Algérie et du Sénégal, pour mourir sur un sol qui n’était pas le leur, mais qui l’est devenu. Et une pensée pour ces mères qui ont perdu un compagnon, un mari, un fils…"

Et le bourgmestre de se féliciter de la participation de tous les jeunes "qui seront notre relais." Des jeunes qui ont invité les personnes présentes à "regarder le monde positivement", à "s’enrichir des différences des autres", "à ne pas trahir ses amis,…"

"Fraternité d’armes"

Quentin Ferrière avait même fait le déplacement de Nivelles. "C’est Monsieur Flahaut qui m’a contacté. Et j’ai accepté tout de suite, explique le jeune homme. Les cérémonies patriotiques, c’est un sujet qui m’interpelle, c’est quelque chose qui me touche." Quentin a d’ailleurs pris la parole, afin d’adresser une requête aux ambassadeurs présents : "Nous vous demandons d’être notre relais vers les jeunes pour que des écoles d’Europe et d’Afrique entrent en relation, afin que des échanges sur l’histoire commune qui nous rassemble se créent et que des nouveaux liens de solidarité puissent se tisser."

Des roses ont aussi été distribuées, afin d’être déposées sur les tombes. "Leur fragilité et leur beauté sont comprises par tous, elles se veulent un hommage, une pensée, un instant d’émotion, afin d’ajouter un geste en douceur aux paroles."

Le colonel Raoul François, Président du comité franco-belge de la bataille de Gembloux a tenu à rappeler les faits militaires : "Gembloux est un succès tactique, le seul en 40, grâce à des soldats parfaitement entraînés à leur mission et qui partageaient les mêmes valeurs. Malgré les différences d’origine, il y avait une fraternité d’arme. Que leur sacrifice reste un exemple de ce qu’il faut faire, lorsque la liberté est menacée."