Brabant

La cour d'assises de Bruxelles-Capitale, délocalisée en Brabant wallon, a prolongé jusqu'en soirée les auditions de témoins, au deuxième jour du procès de Richard Remes. Lors de son long interrogatoire par le président Michel De Grève, l'accusé a continué à nier toute implication dans la mort de la petite Sandra, 16 mois, en janvier 1988. La mère de l'enfant était à l'époque sa maitresse et voulait le quitter, comme Patricia Lefranc en 2009 lorsque l'accusé l'a vitriolée. Antoinette G. entendue comme témoin en fin d'audience, a clamé qu'elle n'avait pas tué sa fille, et qu'elle ne cherchait pas vengeance. 

Antoinette G. avait été soupçonnée à l'époque des faits, tout comme son amant Richard Remes, et tous deux sont restés plusieurs mois en détention préventive. Ils ont toutefois bénéficié d'un non-lieu ordonné par la chambre du conseil, le 29 septembre 1997, faute de charges suffisantes. C'est l'affaire dite du "vitrioleur", qui a valu à Richard Remes d'écoper de 30 ans de réclusion pour avoir tenté d'assassiner Patricia Lefranc en 2009, qui a provoqué la réouverture de ce dossier aujourd'hui vieux de 29 ans.

La petite Sandra, fille de Patricia G., avait été retrouvée sans vie au bas de l'immeuble de la rue Haute, à Bruxelles, où elle habitait avec sa mère. Certains éléments pouvaient laisser penser que l'enfant était tombée par accident, après avoir basculé dans le vide depuis la fenêtre de sa chambre, située au 10e étage. Mais les experts qui se sont penchés sur les circonstances de la mort de Sandra ont conclu à une mise en scène. La victime n'était pas tombée: son thorax avait été écrasé, provoquant sa mort, puis ses jambes et son bassin ont été fracturés après son décès et son corps avait été déposé à l'endroit où il a été retrouvé le 16 mai 1988 en début de matinée.

Entendue en fin de journée par la cour d'assises, la mère de Sandra, qui s'est constituée partie civile, a précisé qu'elle n'était pas animée par un sentiment de vengeance, comme l'avaient affirmé les avocats de la défense au premier jour du procès.

"Il n'y a pas de vengeance: j'ai été accusée durant vingt-cinq ans d'avoir tué ma fille. Je voudrais juste faire mon deuil, juste que la justice dise ce qui s'est passé. C'est vrai qu'il n'y a pas de preuves matérielles. Mais c'est lui ou moi, et ce n'est pas moi. Je n'ai pas tué ma fille", a-t-elle indiqué devant les jurés.

La journée de mardi commencera par l'audition des psychiatres qui ont examiné l'accusé. Dans l'après-midi, la cour entendra les policiers et les deux juges d'instruction qui s'étaient penchés sur le dossier en 1988.