Brabant L’alliance citoyenne (Ecolo-Avenir-PS) a tenu presque toutes ses promesses en six ans

En 2012, à la même époque, les programmes électoraux, avec toute une série de promesses qui vont avec, étaient déjà dans vos boîtes aux lettres. Six ans plus tard à Ottignies-LLN, il est temps de les ressortir pour voir si tout ce qui vous avait été promis a été réalisé. Alors, choses promises, choses dues ? Décryptage.

En 2013, la majorité ottintoise actuelle (Ecolo-Avenir-PS) présentait un PST (Plan stratégique transversal). Une sorte de feuille de route synthétisant les projets à mettre en œuvre ou à finaliser par les trois partis. On distinguait trois catégories de grands projets.

D’abord ceux initiés avant 2012 et finalisés en cours de mandature. Tout ce qui avait été évoqué a été réalisé. On pense à la nouvelle antenne communale de Louvain-la-Neuve, à la maison des jeunes Chez Zelle, à l’extension du centre sportif des Coquerées ou à la nouvelle école de Lauzelle.

Ensuite, figuraient les grands projets à initier pendant la législature. Là aussi, tout est au vert… ou presque. "Le seul bémol concerne l’ouverture d’une résidence-services sociale, confie le bourgmestre, Jean-Luc Roland (Ecolo). Cela ne veut pas dire non plus que le projet est abandonné. Il a pris deux ans de retard."

Dans les cartons , figurait aussi l’épineux dossier du développement urbain à Ottignies. Précisons d’emblée qu’il est impossible de transformer un centre-ville en une législature, d’un coup de baguette magique. "Cela prend du temps, confirme le bourgmestre. Et cela se fait en plusieurs phases."

Dès lors, depuis 2012, le collège a mis en œuvre le Master plan de la gare d’Ottignies avec, en préambule, la création d’un parking de 1.000 places le long de la ligne 140 vers Charleroi. Le projet de réhabilitation de la place du centre est toujours inscrit à l’agenda. La commune doit encore acquérir un bâtiment pour débuter.

Verts, centristes et socialistes ottintois ont aussi réussi à mettre sur pied, en temps et en heure, un centre sportif local intégré, prévu un Community Land Trust (CST) et soutenu la monnaie locale : le Talent.

Et au-delà de 2018 ? Si elle est réélue, la majorité a prévu d’ouvrir une maison de repos publique. "Le président du CPAS a fait de l’excellent boulot pour ficeler un dossier. Nous attendons maintenant des subsides", indique le bourgmestre.

Reste à construire une nouvelle école à Limelette et continuer à développer le centre d’Ottignies. Mais comme on l’a déjà dit et redit, cela ne se fera pas d’un seul coup de baguette magique.

Bénédicte Kaisin : "La majorité n'a pas assez investi dans la mobilité"

Bénédicte Kaisin (OLLN 2.0 - MR) a incarné l’opposition durant cette législature. Sur les bancs de la minorité, elle déplore "le manque d’investissements dans la mobilité" face aux "constructions massives de logements".

Tête de liste, elle estime que la majorité en place (Ecolo-PS-CDH) n’a pas réfléchi sur le long terme. "Personne ne va changer son mode de déplacement du jour au lendemain. On croit que tout le monde va utiliser un vélo. Mais c’est illusoire ! On compte déjà au minimum une voiture et demie par ménage. Et, en face, ils ont autorisé massivement des projets immobiliers, comme les dizaines de logements qui seront construits dans l’avenue des Combattants ou au château Balzat. Je pensais que c’était un mammouth ce projet mais c’est un triple mammouth !"

Face aux problèmes de mobilité, Bénédicte Kaisin prône des navettes gratuites entre la "périphérie de la ville" et le centre comme à Carcassonne ou, plus près de chez nous, à Waterloo.

"Cela permettrait de redynamiser le centre urbain et permettre aux personnes âgées par exemple de venir faire leurs courses à Ottignies. Je pense aussi à la navette TEC Conforto qui relie Wavre à Bruxelles. Offrir un mois d’abonnement gratuit, voilà une chouette initiative."

La cheffe de file ne voit cependant pas le verre complètement vide. "Attention, je ne dis pas non plus que rien n’a été fait. Je dis juste que ce n’est pas assez par rapport à cette surdensification qu’ils ont enclenchée. Il est plus que temps d’arrêter à ces grosses promotions de construire des logements dans tous les coins de la commune."

Sur le plan du développement urbanistique d’Ottignies justement, elle tempère et opte pour "une redéfinition du centre pour y retrouver de la convivialité. Il faut prendre le temps de réfléchir à son développement, car la place du centre d’Ottignies, personnellement, je la cherche toujours !"