Brabant Voici le projet de réhabilitation de l’hippodrome de Boitsfort.

La commune d’Uccle doit remettre un avis cette semaine. Un permis d’environnement est attendu dans de brefs délais. Le projet de réhabilitation de l’hippodrome de Boitsfort est donc en passe de franchir une étape cruciale. Dans le même temps, les oppositions au projet baptisé Droh!me Melting Park se multiplient. Mais quelle est exactement la nature de cette importante réaffectation ? Celle-ci se déploie sur les 32 hectares d’un site situé en pleine forêt de Soignes et partiellement classé en zone de protection Natura 2000. Rappelons que le site, datant de la fin XIXe, est délaissé depuis le milieu des années 90 et les dernières courses hippiques qu’il a connues.

Selon les concepteurs du projet, il faut diviser l’ensemble récréatif voulu par la Région bruxelloise (propriétaire) en cinq pôles d’activités. La première consacre la fonction d’entrée de la forêt de Soignes avec des points de départ de promenades nature. Le projet prévoit également la création d’un "belvédère" placé à la cime d’un massif de grands arbres donnant une vue imprenable sur la forêt. Mais cet aménagement devra faire l’objet d’autorisations ultérieures.

Sport et culture

La pratique du sport constitue le deuxième pilier du futur parc qui s’articule autour de l’ancien anneau de course de l’hippodrome. Le site web du projet annonce "des activités sportives pour tous les âges : patinoire écologique, engins de fitness disséminés le long de la piste et dans la zone ‘sport’, golf miniature, blocs d’escalade ou encore un Parcours des Cimes. Des équipements sportifs pourront également être loués ou empruntés sur place." Les neuf trous du golf installé sur le site depuis la fin des années 80 sont maintenus.

La grande tribune de l’hippodrome accueillera une partie des activités culturelles annoncées : expo, conférences, spectacles. "Art paysager, balades contées, théâtre de rue, nouveau cirque… une véritable culture vivante, accessible à tous et créatrice de lien social s’épanouira sous toutes ses formes dans tout le site", vante Droh!me.

Une Maison de la forêt, à construire, se chargera d’animer le volet éducation permanente du projet. Objectif : "Sensibiliser le public à la protection de l’environnement et à la découverte de la faune et de la flore, classées Natura 2000." Enfin, le pôle détente promet une brasserie "trendy", un restaurant bio, une plaine de jeu, des promenades et un espace "méditation".

Attaques citoyennes

Tout cela est magnifique sur papier mais cache, aux yeux des détracteurs du projet, une volonté des concepteurs de développer une activité événementielle (plus rentable) au détriment de l’environnement, de la mobilité du quartier (nous sommes chaussée de La Hulpe, à l’entrée sud de Bruxelles). Cette semaine, le mouvement citoyen Pas Question, qui milite contre le projet, diffusait les résultats d’une enquête dénonçant notamment des activités événementielles disproportionnées. Activités qui constituent par ailleurs le core business de VO Group, la société de communication qui obtenait en 2014 la concession de la Région (après appel à projets) pour aménager l’hippodrome. L’association dénonce également le faible imput financier de la part du secteur privé alors que les pouvoirs publics ont déjà mis plus de 11 millions d’euros, notamment pour la rénovation des bâtiments classés de l’hippodrome.

"Les activités annoncées pouvant accueillir maximum 4 500 personnes sont exceptionnelles, répondent dans une lettre ouverte aux Bruxellois les équipes de Droh!me. Elles se limiteront à 4 fois par an maximum (et non ‘au moins’ comme le prétendent les comités) et seront soumises aux autorisations requises. Ainsi, il reviendra aux autorités publiques compétentes de cadrer leur bonne tenue." "Différentes alternatives et solutions de mobilité sont déjà mises en place pour permettre de fluidifier l’entrée du site : parkings de délestage, parkings avoisinants, plans de mobilité, manager mobilité", se défendent encore les promoteurs du projet.