Brabant

Cela se fait de manière un peu improvisée depuis l’an dernier mais l’on ne peut jeter la pierre aux autorités communales d’Ottignies-LLN qui ont eu la bonne idée de mettre à l’honneur les Justes de la ville, entendez : celles et ceux qui pendant la Seconde Guerre ont accueilli et sauvé des enfants juifs des griffes des Nazis. Car à notre connaissance, nulle autre commune n’a franchi ce pas non moins important dans le cadre du devoir de mémoire

L’an dernier à l’occasion de la commémoration de la libération des camps et de la fin du conflit en Europe, un de ces enfants cachés, Edith Moskovic, avait pu convaincre la ville de rendre un hommage particulier à Mlle Renée Jacqmotte, une infirmière liée à la célèbre famille des torréfacteurs bruxellois - elle était l’arrière-petite-nièce du fondateur ! - qui dirigeait un home pour enfants depuis 1922 dans le "Botroul" à partir duquel elle avait fait cacher un certain nombre d’enfants juifs.

Ce fut l’occasion pour les membres du collège de découvrir que plusieurs familles du coin avaient elles aussi accueilli certains de ses protégés comme le rappela fort opportunément la conseillère de l’opposition Nelly Roobrouck. C’est ce qui a amené le collège à mettre à l’honneur cette fois deux d’entre elles : les tombes de Sidonie et Hector Vandenborren et d’Oscar et d’Emilie Libouton ont ainsi été visitées dimanche matin au cimetière de Blocry. Le hasard veut que leurs descendants soient aujourd’hui actifs dans la vie politique locale comme conseillers : Nelly Roobrouck-Vandenborren (MR) est la fille des premiers qui accueillirent Maurice Suchecki, hélas disparu aujourd’hui - mais dont des descendants étaient à Ottignies dimanche - alors que la petite-fille d’Oscar et Emilie Libouton, Christiane qui travailla à l’administration communale, est l’épouse de Michel Tournay (MR). Ces derniers ont eu la grande joie de recevoir Fanny Gorowisch qui fut cachée là-même où ils résident aujourd’hui par les grands-parents Libouton. Accueillie à 18 mois, l’enfant cachée revint jusqu’à son adolescence au Stimont pour y passer des vacances. Ce qui lui permit dimanche d’échanger des souvenirs lointains mais poignants avec la petite-fille de ses sauveurs