Des fouilles au Paradis

V.F. Publié le - Mis à jour le

Brabant

Les Brainois attendaient le Paradis depuis les années 90. Mais aujourd’hui sur le terrain, c’est parti pour le chantier de ce plan d’eau de loisirs au lieu-dit du Paradis ! Les inondations catastrophiques dans la vallée du Hain (Braine-le-Château, Clabecq) sont passées par là, tout comme la prise de conscience des pouvoirs publics, à différents niveaux, de l’importance de retenir au maximum les eaux en amont en cas de pluie très abondante. Le bourgmestre, Vincent Scourneau, l’an dernier, avait donc ressorti opportunément le dossier en précisant que ce plan d’eau de loisirs, prévu sur cinq hectares, pouvait aussi constituer une zone d’immersion temporaire permettant aux villages en aval de garder les pieds au sec durant les premières heures des crues. En faisant varier le niveau d’un bon mètre grâce à un système de vannes communiquant avec le Hain, on peut retenir de 70 000 à 75 000 mètres cubes d’eau venant de Lillois, Ophain et d’une partie de Braine-l’Alleud.

Approuvés au conseil communal du mois de janvier, les plans ont convaincu : la première phase du chantier, à savoir creuser un détournement du Hain pour que la rivière contourne le futur plan d’eau en période normale, a débuté il y a plusieurs semaines. Evidemment, aménager un lac de cinq hectares et mettre en place des dispositifs efficaces pour faire varier le niveau d’eau ne se fait pas en quelques semaines : il pourrait y en avoir pour deux ans. Ce lac de cinq hectares offrira l’avantage d’être accessible à cinq minutes (à pied !) du centre-ville, et il sera en plus la pièce maîtresse d’un véritable pôle des loisirs comme l’a rêvé la majorité MR-PS pour 2020. En effet, un accord amiable avec le dernier propriétaire réticent permettra de construire, sur le haut du site, la piscine également attendue depuis des années par la population. Ajoutez quelques activités annexes pour les familles, l’arrêt Braine-Alliance du RER pour une accessibilité renforcée, ainsi que le complexe cinématographique Imagibraine à quelques centaines de mètres, la perspective est prometteuse. En raison de l’utilité extracommunale, Braine-l’Alleud espère que la Région va également financer une partie du chantier. Actuellement, elle a fait savoir son intérêt pour le projet en annonçant que ses finances ne sont pas au mieux. Par ailleurs, un partenariat avec la commune de Braine-l’Alleud intéressait la Province pour le développement de la zone de loisirs. Les habitants de l’Est ont le domaine de Hélécine, ceux du Centre vont au Bois des Rêves, et il n’y a rien de tel dans l’Ouest. Sans faire du Paradis une propriété provinciale, le collège réfléchit à des coopérations avec Braine-l’Alleud.

Mais un intérêt de plus vient de s’ajouter : visitant d’initiative le chantier à l’arrêt pour cause de congé du bâtiment, un responsable du service archéologie de la Région wallonne vient de trouver des traces de deux fosses anthropiques, c’est-à-dire qui trahissent une présence humaine sur le site. L’une a été localisée juste sous la couche d’humus retirée par l’entrepreneur, l’autre dans le canal de dérivation du Hain. Il s’agissait d’une visite rapide - le service de l’archéologie du SPW n’avait pas eu vent du début du chantier -, et aucun élément (poteries ou autre) ne permet à ce stade de dater ces traces. "Ce sont en réalité de grandes taches noires, des traces de fosses qui pourraient aussi bien avoir été creusées il y a cinquante, cinq cents ou deux mille ans , confirme Dominique Bosquet, attaché au service Archéologie du SPW à Wavre . On ne peut rien dire actuellement mais nous allons mener des sondages pour savoir s’il s’agit d’un site important du point de vue scientifique, ou s’il n’y a rien d’autre." Ces sondages, qui seront effectués suivant une technique éprouvée sur les chantiers du TGV, consistent à retirer la couche d’humus en creusant à la pelleteuse des tranchées de dix mètres sur deux, en quinconce et de manière à couvrir 10 % de la zone. Si des traces intéressantes sont mises au jour par ce biais, alors les archéologues pousseront plus loin leurs recherches.

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