Brabant

Avec plus de 9000 hectares, Genappe est la commune la plus étendue du Brabant wallon, ainsi qu'une des plus rurales, avec près de 75 km2 de terres agricoles ou boisées. Elle compte aussi 150 km de chemins et sentiers, que plusieurs associations de l'entité souhaitent remettre en valeur.

C'est dans ce cadre qu'Environnement Dyle, les Amis de Bousval et le Syndicat d'Initiative de Genappe organisent ce mercredi soir à 19h30 un débat public autour de la mobilité lente, avec le soutien de la commune. "Genappe possède un maillage très dense de chemins et sentiers, . Ceux-ci remontent parfois à des temps immémoriaux. Beaucoup sont repris dans l'Atlas des chemins vicinaux, qui date de 1841. Les habitants des nombreux hameaux de Genappe n'avaient que ces sentiers pour se rendre dans les villages. Ils étaient utilisés pour rejoindre tous les points importants : fontaine, moulin, église..."

La ville dispose aussi d'un autre atout : l'ancienne ligne 141, reliant Genappe à Court-Saint-Etienne, qui servira bientôt de Pré-Ravel. Il y a un peu moins de trois semaines, Infrabel a en effet mis officiellement l'assiette à la disposition de la commune.

Pas question de vente, toutefois, car le chemin de fer, d'ici 15 ou 20 ans, n'exclut pas d'y réaliser une antenne RER. La société gérant le patrimoine ferroviaire belge se charge aussi cette semaine de l'enlèvement des rails. Restera alors à la commune à recouvrir le ballast, afin de permettre aux piétons, cavaliers et cyclistes de circuler entre Court et Genappe.

La commune introduira un dossier à la Région wallon afin d'obtenir des subventions et restaurer le "petit patrimoine" (petits ponts, panneaux, poteaux indicateurs...) relatif à l'utilisation passée de la voie ferrée. Selon le bourgmestre Gérard Couronné (MR), la liaison devrait être opérationnelle courant 2007.

L'utilisation du tracé, qui passe à travers Ways, Baisy-Thy, Genappe et Vieux-Genappe, aura aussi des implications touristiques. "Le tourisme à Genappe est conduit par les promenades, explique Pierre Géruzet, président du Syndicat d'Initiative. Aujourd'hui, c'est ce qui fonctionne le mieux, et le nombre de promeneurs est en croissance. Et une bonne partie de nos promenades balisées croisent le Pré-Ravel, ce que j'appelle l'épine dorsale ou plutôt l'épine transversale de la commune."

Pierre Géruzet compte aussi sur la future prolongation du Ravel vers Nivelles, qui pourrait drainer les touristes visitant la cité aclote jusqu'à Genappe. Le futur échevin de la mobilité (MR-IC) voit aussi dans ce réseau un moyen d'encourager les étudiants à pratiquer la mobilité lente, et sans danger. "L'avantage de Genappe, c'est son côté rural, mais l'inconvénient, c'est son étendue. Donc certaines voies ou voiries ne sont pas toujours sécurisées", concède-t-il.

Ce mercredi, Environnement Dyle plaidera aussi pour un usage plus utilitaire des sentiers de Genappe. "En huit ans, avec d'autres associations et avec l'aide de la commune, nous avons nettoyé environ 15 km de sentiers. Mais ils ne sont utilisés que pour les loisirs, car il leur manque encore le revêtement adapté."

Les associations ont déjà mis en évidence plusieurs circuits, notamment ceux ralliant l'école communale de Baisy-Thy, ou encore les tracés reliant Loupoigne et Houtain-le-val à Genappe-Centre, "qui demandent peu d'aménagements". "Des liaisons entre le centre et les villages sont à notre programme, assure Gérard Couronné, le bourgmestre. Et elles seront aussi intégrées dans un plan communal de mobilité, qui sera entamé sous la prochaine législature."

Lors du débat, ce mercredi soir à la salle du Conseil communal à l'Espace 2000, les habitants pourront aussi émettre des suggestions, et exprimer leurs priorités en matière de mobilité douce, pour leur village.

© La Libre Belgique 2006