Brabant Des patients déplorent le manque d’aides-soignants à l’hôpital Delta du Chirec.

Voilà neuf mois que l’hôpital flambant neuf du Chirec, où sont rassemblées les activités d’Edith Cavell et de la Clinique du parc Léopold, a ouvert sur le site Delta. Et il nous revient que l’hôpital connaît un manque criant d’aides-soignants. "Ce lundi, j’ai accompagné ma voisine de 85 ans au service des urgences. Mais le problème s’est posé une fois qu’elle est passée en gériatrie. Là, le personnel infirmier est en nombre insuffisant pour s’occuper comme il se doit de tous les patients. Lors de ma visite, il n’y avait que deux infirmières pour s’occuper d’environ 50 patients, et on sent qu’elles sont mises sous pression", explique Marc. Selon lui, les infirmières sont débordées et en nombre insuffisant pour les repas et les soins aux patients. "Je ne parle pas ici de la qualité du corps médical, mais de l’organisation au niveau du personnel soignant, dépassé par les tâches", poursuit-il.

La direction du Chirec est bien consciente de la problématique. "Tous les hôpitaux en Belgique connaissent un sous-effectif. Ce n’est pas propre à l’hôpital et à son déménagement, précise Michel Dewever, médecin-chef sur le site Delta. Dès l’ouverture du nouvel hôpital, nous avons enregistré une hausse de 15 % des activités en comparaison à celles sur Cavell et la Clinique Léopold ensemble, et ce, avec du personnel en moins. Ce problème doit être réglé au niveau du gouvernement fédéral. Avec les coupes budgétaires, on ne va pas dans le bons sens."

Des normes sous-estimées

Selon la direction, les normes au sein des hôpitaux doivent être revues à la hausse. "Il y a des normes qui prévoient autant de personnel en fonction du nombre de lits. Le soir et la nuit, la norme prévoit une seule infirmière pour 25 patients. Mais c‘est sous-évalué par rapport à l’évolution de la pathologie : nous connaissons actuellement un vieillissement de la population et le nombre de personnes de plus de 75 ans va doubler d’ici 2025. On va connaître un afflux de personnes supplémentaires à prendre en charge", explique le docteur Stephan Ceulemans, chef du service de gériatrie Delta. "Les patients restent moins longtemps. Il y a un turn-over de patients aux pathologies lourdes et nous ne recevons aucun financement supplémentaire pour engager de nouveaux aides-soignants."

C’est d’autant plus vrai en gériatrie où les traitements sont plus lourds et prennent plus de temps. "On a donc plus de patients mécontents, ce qui ne facilite en rien le boulot déjà compliqué des aides-soignantes", conclut le docteur Ceulemans.A. F.