Brabant

La porte d'entrée est cassée. Ce qui pousserait des jeunes du quartier à s'amuser, couper le courant et, par-là même, à déclencher l'alarme. L'entrée est jonchée de détritus de toutes sortes. Il ne manque que les rats...

Dans les appartements vides, c'est la désolation. Il y a même encore, par exemple, des croquettes pour chats qui traînent au sol dans l'un d'eux, tandis que les Tasso des murs présentent encore les lacérations d'un félin.

"C'est un désastre ! , se désolent Bernard Wallens et son épouse, propriétaires des lieux (quatre appartements et un studio). Nous avons conclu un bail pour 15 ans avec l'Agence immobilière sociale du Brabant wallon pour ne pas avoir de problèmes avec des locataires et pour être sûrs d'un retour régulier, certes plus bas que si nous devions nous en occuper nous-mêmes, mais même en cas de non-location. Mais là, cela dépasse tout entendement. Nous avons ici un monsieur qui dort dans sa voiture et qui est prêt à prendre le studio, mais on ne peut pas. Parce que l'AIS ne fait plus rien. Depuis quatre mois, on ne reçoit même plus réponse à nos courriers. L'AIS se prend pour le Roi Soleil. Et vous appelez cela du social, vous ?"

Tout a donc commencé il y a six ans. Dès le départ, il était question de devoir faire des travaux de conformité incendie : " Nous avons eu l'accord du bourgmestre directement, mais on n'a pas arrêté de nous imposer des travaux supplémentaires. Des portes coupe-feu, une signalisation - il faut même mettre le numéro de l'étage -, on vous en passe et des meilleures. Déjà que c'est dur de trouver du personnel compétent pour réaliser les travaux mais en plus, alors que les dossiers de travaux sont contresignés par l'AIS, les factures ne sont pas réglées. Et l'AIS ne restaure pas les appartements non plus."

Et Bernard Wallens d'ajouter : " Pour nous, notre part du contrat est respectée. Mais du côté de l'AIS, on nous rétorque que c'est à cause des retards de notre chantier que l'agence n'a rien fait dans les appartements. On nous reproche encore qu'un appartement est libre alors que c'est l'AIS qui a demandé qu'il le soit."

Le comble pour les Wallens, c'est que "c'est pour cette raison qu'on nous retire 1 000 euros de loyers pour les appartements inoccupés. Alors que c'est à eux de les louer... Encore le fait du prince. On ne peut plus se laisser faire. Comme on ne respecte pas le contrat, on va au tribunal ! ".

© La Libre Belgique 2006