Brabant

La famille de ressortissants tchétchènes arrêtés sans ménagement par la police fédérale dans le centre Fedasil de Jodoigne se trouve toujours en Belgique, est-il ressorti de la réponse fournie mercredi par le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, en commission de la Chambre. 

Elle a demandé l'asile en Belgique et réside au Petit Château à Bruxelles. Le 6 décembre, des policiers fédéraux se sont rendus dans le centre pour emmener cette famille en vue de son expulsion vers la Pologne, pays par où elle était entrée en Europe. L'une des filles manquait à l'appel car elle avait été invitée à loger chez une amie. Le père n'a pas voulu quitter le centre sans sa fille et les policiers sont intervenus de façon particulièrement musclée pour l'emmener.

L'incident a suscité l'émoi des policiers locaux présents, qui ont d'ailleurs quitté les lieux en signe de protestation, ainsi que des membres du personnel du centre de Fedasil. Le bourgmestre Jean-Luc Meurice avait également jugé les procédés de la police fédérale choquants.

L'équipe était composée de vingt personnes, dont 12 policiers issus de l'unité de la police aéronautique de Zaventem, un médecin et des accompagnateurs psycho-sociaux, a expliqué le secrétaire d'État en réponse à des questions de Benoît Hellings (Ecolo) et Julie Fernandez-Fernandez (PS). Lorsqu'un enfant manque à l'appel dans ce genre de procédure, un parent reste sur place, en l'occurrence ce fut le cas de la mère, et les autres membres de la famille sont emmenés.

"La famille savait depuis longtemps qu'un éloignement forcé serait organisé", a souligné M. Francken.

L'Office des étrangers voulait profiter du délai de six mois qui courait encore pour renvoyer la famille vers la Pologne mais celui-ci a finalement expiré sans qu'une expulsion ne soit intervenue. La famille a entre-temps demandé l'asile en Belgique et y séjournera tant que la demande est examinée.

"Les procédures suivies sont les mêmes que celles des secrétaires d'État précédents", a ajouté M. Francken.

Les deux députés de l'opposition se sont inquiétés de la violence de l'intervention policière telle qu'elle a été rapportée par plusieurs témoins. Ils ont aussi jugé disproportionné le déploiement d'une équipe de 20 personnes et d'un car spécialisé simplement pour éviter que le délai "Dublin" ne soit dépassé.