Ils rêvent d’échanger des talents dans un an

Laurence Dumonceau Publié le - Mis à jour le

Brabant

En janvier 2014, les habitants ainsi que tous ceux et celles qui fréquentent Ottignies-Louvain-la-Neuve disposent d’un nouveau mode de paiement, le talent !"

On n’y est pas encore, mais c’est le vœu d’une quinzaine de citoyens qui envisagent de lancer une monnaie locale baptisée le talent, sur le territoire d’Ottignies-LLN à l’image de l’épi lorrain qui a été lancé en juin 2012 dans le sud de la Belgique.

"L’idée est en marche depuis deux ans, avec un objectif principal, inciter les consommateurs à favoriser les producteurs et les commerçants locaux et ainsi renforcer le tissu économique et les circuits courts, indique Stéphane Vanden Eede, l’un des porteurs du projet, qui prône : "Soyons maître de notre argent et le talent peut arriver."

On en est encore qu’aux prémices, même si l’idée de monnaie locale a déjà reçu le soutien de plusieurs échevins, de représentants de l’UCL, des commerçants de la Dalle. Moyennant une cotisation annuelle qui leur offrira de la visibilité, les commerçants pourront entrer dans le système qui peut se rapprocher d’une carte de fidélité à un réseau de commerces. Un réseau que les initiateurs du projet souhaitent constituer dès septembre, a priori sur fonds propres.

"Nous avons encore six mois pour convaincre les pouvoirs subsidiants", ajoute Antoine Fain, économiste qui a toujours été intéressé par les monnaies complémentaires : "C’était le thème de mon mémoire, j’ai travaillé sur cette question pendant mon stage. J’ai ensuite travaillé au sein d’un réseau de financement alternatif durant un an et demi. Et puis, je me suis impliqué dans ce projet citoyen."

Concrètement, deux réunions d’information seront organisées le mercredi 19 juin à 20 h à la maison du développement durable (place Agora à LLN) et le lundi 24 juin à 20 h à la ferme du Douaire à Ottignies. Enfin, une enquête est disponible dès aujourd’hui et jusqu’au 15 juillet sur le site internet : www.letalent.be Elle doit permettre de voir si le projet tente une partie significative de la population et recueillir les avis des habitants, commerçants, qui devront se réapproprier le projet et en définir les contours et définir par exemple le nombre et le montant des talents,

Comment utiliser le talent ? "Nous avons une multitude d’idées, mais d’un autre côté, nous restons assez vagues, car il faut que cela vienne des habitants et futurs utilisateurs, indique Antoine Fain. Les commerçants pourraient par exemple payer certaines taxes en talents, si la Ville est d’accord. Le prestataire peut se payer lui-même en talents, une partie de son salaire, puisqu’il est lui aussi utilisateur. Nous verrons les résultats de l’enquête."

Un réseau dans lequel ni l’esplanade ni la rue Charlemagne ne seront partenaire. "Nous n’y sommes pas favorables, parce que la monnaie se veut éthique. Il n’est donc pas question de soutenir les grandes chaînes commerciales, puisque l’objectif consiste à créer une économie de réseau et soutenir l’économie locale."

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