Brabant

Depuis quelques semaines, un projet de renouvellement de la ligne haute tension entre Gouwy et Drogenbos suscite pas mal d’émoi dans l’ouest du Brabant wallon. Le tracé de cette ligne aérienne passe par les communes de Nivelles, Ittre et Tubize et, lors de l’enquête publique en octobre, certains habitants s’étaient plaints que l’option aérienne soit privilégiée aux dépens d’une ligne souterraine. Les communes traversées avaient remis un avis défavorable au projet, arguant elles aussi qu’une ligne enterrée serait préférable, même si plus onéreuse.

Après l’octroi du permis, fin décembre, par le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne, quatre communes ont décidé d’aller en recours. Dont deux du Brabant wallon : Nivelles et Ittre, les autres étant les communes hennuyères de Courcelles et Seneffe. Le gouvernement wallon devrait statuer sur la validation ou non du permis d’ici le mois de mai.

Aujourd’hui, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en Belgique, Elia, sort de sa réserve, par la voix de Julien Madani, responsable Infrastructures.

Pourquoi ne pas avoir opté pour une ligne souterraine ?

Lorsque nous avons planché sur le renouvellement de cette ligne, nous avons analysé une série de critères environnementaux, techniques et financiers. Et il en est ressorti que le maintien d’une ligne aérienne était la solution la plus adéquate.

Pourtant, nombreux sont ceux qui dénoncent l’impact environnemental du projet…

Il faut savoir que le critère environnemental ne concerne pas que l’impact paysager du projet. Je peux comprendre qu’une ligne haute tension aérienne n’est pas très esthétique mais enterrer une telle ligne entraîne d’autres impacts environnementaux.

Lesquels ?

Cela implique notamment d’importants travaux qui eux-mêmes peuvent générer des problèmes de mobilité. Et puis cela implique que des tranchées soient réalisées sur plusieurs kilomètres. Je ne pense pas que ce soit très agréable pour les riverains de voir des engins de chantier juste derrière chez eux. Et pour certains, on aurait aussi dû procéder à des expropriations…

Le renouvellement de la ligne se fera au même endroit ?

Effectivement. On gardera le même axe. L’impact visuel actuel ne sera donc pas modifié. Par ailleurs, techniquement, il est plus simple de repérer un dysfonctionnement sur une ligne aérienne qu’en souterrain. Et donc plus rapide d’intervenir sur une ligne hors sol.

Pourquoi ne pas conserver la ligne actuelle ?

Ces installations ont été construites en 1959. On a réalisé des travaux d’entretien et de manutention pour la maintenir à jour mais on doit aujourd’hui la moderniser pour qu’elle puisse augmenter de capacité afin de renforcer le réseau en Wallonie et répondre aux besoins des entreprises et l’augmentation de la consommation en raison de l’évolution démographique en Belgique.


Un black-out est improbable en BW

Il y a quelques années, plusieurs black-out dans de grandes villes européennes et américaines avaient généré pas mal d’inquiétude en Belgique. Avec l’augmentation de la population et, a posteriori, de la consommation en électricité, les risques de coupures de courant géantes étaient beaucoup plus importants. Notamment en Brabant wallon.

En 2013, les autorités provinciales du Brabant wallon avaient d’ailleurs planché sur un plan préventif en matière de black-out. "Le risque est bien présent, confiait alors la gouverneure, Marie-José Laloy. Nous devons donc nous préparer pour anticiper un tel événement."

Qu’en est-il aujourd’hui ? Selon le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Elia, le risque zéro n’existe pas. Mais on tendrait à s’en rapprocher. De nombreux investissements ont été réalisés pour que, même lors d’un pic de consommation énergétique exceptionnel, les infrastructures puissent répondre à la demande. "Les systèmes de sécurité ont été améliorés pour éviter d’arriver à un black-out , précise Jean Fassaux, porte-parole d’Elia. Et les interconnexions développées avec les autres pays européens permettent aussi d’importer plus d’énergie en cas de besoin."

La semaine dernière, alors qu’une vague de froid importante touchait notre pays, c’est même la Belgique qui a aidé la France, en proie à une vague de froid plus conséquente encore. "Un black-out à l’échelle du Brabant wallon est désormais très improbable. Mais peut-être à l’échelle d’un village ou d’un quartier. A ce moment, c’est souvent dû à un problème technique auprès du gestionnaire du réseau de distribution (NdlR : Ores, Infrax…)"