Brabant Jusqu’à maintenant, la locataire des lieux n’a pas trouvé son successeur.

Durant six années, Valérie Pomes, 58 ans et guibertine depuis sa naissance, se lève à 4 heures 30 du matin pour être prête à accueillir ses premiers clients une heure et demie plus tard. Un rituel immuable, six jours sur sept. Mais un rituel qui va s’arrêter le 31 août prochain. "Si j’ai décidé aujourd’hui de remettre ma libraire, c’est parce que mon métier me prend énormément de temps", nous raconte Valérie. "Il faut savoir tout sacrifier dont votre famille et une partie de votre vie sociale. Aujourd’hui je dois m’occuper de mes parents, devenus âgés. Je dois aussi me reposer", poursuit-elle.

Tristesse et amertume

L’unique librairie du village accueillait une clientèle fidèle. "Le nœud du problème n’est pas financier. Mes comptes sont tous dans le vert et mon chiffre d’affaires est stable. Au fil du temps, j’ai dû tout de même me diversifier et offrir d’autres services à mes clients pour pouvoir avancer", précise Valérie. Depuis son arrivée en 2011 dans la rue de la station, à quelques pas seulement de la gare de Mont-Saint-Guibert, la libraire a ainsi installé un frigo à boissons, un comptoir à confiseries, un service pour colis postaux et même une borne pour effectuer des paris sportifs en ligne.

A quinze jours de mettre la clé sous la porte, Valérie ne cache pas une certaine tristesse et une amertume. "Le plus difficile sera de se séparer de ma clientèle. Certains sont même devenus des amis. Ce contact avec les gens, les habitants, les jeunes écoliers, les voyageurs du train va énormément me manquer. Ceux qui auront le plus de mal, selon moi, ce sont les personnes âgées. Ils vont perdre leur habitude, ils seront un peu perdus. Ils devront trouver d’autres endroits pour acheter leur gazette, leurs cigarettes ou jouer au Lotto."

Nostalgique également de ses débuts et de son enfance où le centre de Mont-Saint-Guibert regorgeait de petits commerces. "Quand j’étais jeune, ce village comptait des fleuristes, des boulangers, des bouchers, deux librairies, cinq cafés et même un grand magasin de jouets ! Aujourd’hui, les commerces sont tentés de s’installer le long de la N4, au grand dam des guibertins", conclut-elle.

 

3 questions à Christiane Marchal, échevine du commerce à Mont-Saint-Guibert

1 La dernière librairie de Mont-Saint-Guibert vient de fermer boutique, une mauvaise nouvelle pour le commerce local…

"En effet, c’est un gros souci pour nos concitoyens car ils ne pourront plus trouver des journaux très tôt le matin avant de partir au travail ou d’embarquer dans les premiers trains. Le Spar n’ouvre qu’à 8 h 30 alors que la libraire ouvrait dès 6 h."

2 Mais parallèlement, on observe une forte densité de commerces à Corbais plutôt qu’à Mont-Saint-Guibert.

"La nationale 4 est incontestablement un grand axe routier qui attire beaucoup d’enseignes. Mais tout de même, on essaye de préserver un maximum de commerces qui sont déjà installés dans le centre. Ces derniers persistent dans cette zone, comme un opticien, une pharmacie, un Spar, une pizzeria, une nouvelle boulangerie vient même d’ouvrir près de la pompe à essence Octa +. Ce que j’observe, c’est que la librairie était tout de même excentrée par rapport aux autres : seuls les clients qui se rendaient à la gare ou se baladaient à pied s’y rendaient. "

3 Une nouvelle politique pour les commerces est tout de même dans vos cartons ?

"Effectivement, et nous avançons à grands pas. A terme, le but est de pouvoir redynamiser le centre du village et le plateau de la gare. L’une des pistes est d’importer le modèle de Gembloux, à la taille de notre commune. A Gembloux, une personne était chargée à temps plein de redynamiser la ville. Et cela a porté ses fruits. Mais cela a un coût puisque c’est un équivalent temps plein à qui l’on confierait cette tâche. C’est un point qui devra être débattu et voté au conseil communal car cela représenterait une dépense supplémentaire pour notre commune."