Brabant

La CSC et la FGTB ne contestent pas le développement et la réussite économique du Brabant wallon. Cependant, les syndicats ont voulu apporter, vendredi, une vision plus nuancée d’une province que certains surnomment un peu vite la "Wallifornie". Pour les syndicalistes, le fossé des revenus et entre les générations ne cesse de se creuser.

Ils en appellent à une concertation socio-économique qui prenne en compte le point de vue des travailleurs, et pas uniquement des politiciens et des chefs d’entreprises. Cette demande de concertation est une allusion directe à l’initiative de la Table ronde Horizon 2020, qui implique les quatre partis traditionnels du Brabant wallon et est coordonnée par l’Intercommunale du Brabant wallon. Des groupes de travail viennent d’être créés dans ce cadre, pour définir des socles communs de politiques à mettre en œuvre pour relever des défis concernant l’avenir du Brabant wallon. La CSC et la FGTB appuient l’initiative, mais regrettent de n’avoir pas été contactées pour participer aux travaux alors qu’elles avaient exprimé leur intérêt auprès des responsables.

Ils "comptent donc s’imposer" à ces groupes, qui sont ouverts. Les syndicats déplorent d’autant plus l’oubli qu’ils sont demandeurs depuis des années d’une plate-forme de concertation socio-économique spécifique au Brabant wallon. "C’est indispensable parce que dans notre vécu quotidien, nous avons une vision nettement plus nuancée que ceux qui parlent de Wallifornie: le développement économique est indéniable, mais il cache d’autres réalités sociales", affirme Pierre Levêque, le secrétaire régional de la FGTB BW. Pour les syndicats, qui se basent sur des études, la province est aussi un lieu où les écarts entre les hauts et les bas revenus sont plus importants qu’ailleurs en Wallonie, et où la solidarité joue moins. Ils affirment aussi que le Brabant wallon "exporte la précarité" au lieu de la traiter , notamment parce que les prix de l’immobilier sont prohibitifs. Les syndicalistes craignent dès lors la constitution de ghettos de riches et de personnes âgées, les jeunes étant obligés de s’installer ailleurs. FGTB et CSC constatent aussi que la situation sur le plan du travail n’est pas si rose: le BW est touché de plein fouet, depuis plusieurs années, par des licenciements collectifs dans des secteurs forts (chimie et pharmacie notamment, avec UCB, Eli Lilly), et l’essor se réalise parfois au détriment de régions voisines, par exemple par la délocalisation en Brabant wallon d’entreprises auparavant installées à Bruxelles. (D’après Belga)