Brabant

Depuis quelques semaines, le Bois de la Cambre fait polémique à Bruxelles. Et celle-ci vient d’atteindre le Brabant wallon. Une pétition contre la fermeture aux voitures du Bois de la Cambre, situé sur les communes d’Ixelles, d’Uccle et la ville de Bruxelles, a récolté la signature de plus de 8 500 personnes en quelques jours. Les libéraux bruxellois avaient lancé cette pétition en réaction au Plan communal de mobilité de la Ville qui prévoyait de rendre une partie du Bois de la Cambre aux piétons et aux cyclistes. Pour les auteurs de la pétition, " le collège de la Ville de Bruxelles a décidé sans aucune concertation avec les communes limitrophes de fermer en semaine une partie du Bois de la Cambre" (fermeture de deux tiers des artères). Le plan d’actions, à la page 59, évoque la mise à double sens des voiries côté ouest du Bois, les autres voies (côté avenue Roosevelt) étant réservées aux modes alternatifs. Les communes voisines d’Ixelles et d’Uccle avaient déjà vivement protesté contre ce projet, en indiquant ne pas avoir été consultées par la Ville quant à ce projet. Les signataires de la pétition habitent tant à Bruxelles, Ixelles et Uccle que dans le Brabant wallon, le Bois étant une jonction entre les trois communes mais facilitant également les navettes du centre-ville vers le Brabant wallon.

Il n’a jamais été question de fermer le bois à la circulation automobile, r étorque cependant l’échevin de la Mobilité de la Ville de Bruxelles, Christian Ceux (CDH). "Nous ne sommes pas dogmatiques . La Ville de Bruxelles a toujours défendu une accessibilité en voiture du Bois de la Cambre, mais pour des questions de sécurité et de convivialité entre tous les usagers, [nous] proposons, à moyen terme, de mettre les deux tiers des voiries du bois à double sens." Mais pour l’échevin de la Mobilité, les propos relayés par le MR sont erronés. "La mise en œuvre de cette proposition est bien entendu conditionnée par le développement d’une desserte performante des transports en commun vers et depuis Uccle (RER/métro/tram/bus). Il n’a jamais été question de modifier le schéma de circulation du jour au lendemain . Nous sommes scandalisés que certains partis, pour des motifs électoraux, confondent propositions et décisions et propagent des mensonges." Le Plan communal de mobilité est donc toujours au stade de projet. Un projet "qui a l’ambition de traduire à l’horizon 2020 les objectifs de mobilité du gouvernement de la Région" . Face à la pétition, la chef de file CDH à la Ville de Bruxelles, Joëlle Milquet, a, elle aussi, vivement réagi en déclarant qu’elle n’accepterait jamais que l’on ferme le Bois de la Cambre à la circulation. Joëlle Milquet dit vouloir mettre un terme définitif à la campagne de désinformation qui circule. "Jamais il n’a été question et jamais il ne sera question de fermer le Bois de la Cambre à la circulation ! La Ville de Bruxelles a toujours défendu une accessibilité en voiture du bois." Et d’ajouter : "Les quinze communes limitrophes ont été consultées. Il est évident que nous tiendrons compte de ces réactions. Il s’agit donc d’une tempête dans un verre d’eau alimentée par certains partis pour des motifs électoraux." Selon Gautier Calomne, conseiller communal MR à Ixelles et initiateur de la pétition, il s’agit là d’une volte-face due à la mobilisation citoyenne à l’encontre de ce projet. "Des documents montrent qu’il y avait bel et bien eu une décision. Maintenant, ils font marche arrière suite au succès de la pétition et traitent les autres d’électoralistes. C’est le pompon !"

"Même si le CDH nous dit qu’aucune décision ne sera prise avant les élections communales, afin de dépassionner le débat, cela ne nous rassure pas, affirme Tanguy Stuckens, conseiller communal MR à Waterloo. Quand on sait que 13 500 voitures quittent Waterloo vers Bruxelles chaque jour, on peut estimer ce chiffre à 15 000 dans le Bois de la Cambre si l’on tient compte de la périphérie bruxelloise. Où va-t-on les mettre ? Si l’on peut accepter des aménagements pour les bus, cette fermeture partielle n’est pas réaliste." Les bourgmestres de La Hulpe, Braine-l’Alleud, Genappe, Waterloo et Lasne ont d’ailleurs envoyé un courrier au bourgmestre PS de Bruxelles-Ville, Freddy Thielemans. Ils y évoquent les conséquences d’une fermeture partielle en semaine au-delà de Bruxelles. "Le Bois de la Cambre n’est pas qu’un espace vert situé au sud de la Région bruxelloise. Il est aussi le principal axe sud d’entrée dans l’agglomération bruxelloise via la N5/chaussée de Waterloo et l’avenue Dubois pour des milliers de navetteurs issus du Brabant wallon qui travaillent et se rendent quotidiennement à Bruxelles" , expliquent les bourgmestres, qui ajoutent que, dans certaines communes du BW, plus de la moitié de la population active travaille à Bruxelles et que les transports publics n’offrent pas, à ce jour, " d’alternative suffisante et crédible à la voiture". "La fermeture partielle du Bois de la Cambre causera immanquablement une paralysie des axes secondaires menant vers Bruxelles et aura des conséquences particulièrement néfastes pour nos navetteurs, étudiants, travailleurs de l’ouest et du centre du Brabant wallon." Les bourgmestres réclament concertation et solidarité. Et souhaitent que la proposition de fermeture soit abandonnée.