Brabant

Construit il y a près d’un siècle pour accueillir la salle des fêtes des Usines Henricot, arborant fièrement sur son fronton la devise "solidarité et délassement", le Foyer populaire, situé au centre de Court-Saint-Etienne, fut tour à tour salle de bal, de cinéma, de fêtes, de théâtre, et même salle de gym (pour la Courtoise) Les patrons des Usines Henricot souhaitaient se montrer attentifs au bien-être de leur personnel. A cet effet, ils investissent dans une ASBL, Foyer populaire, qui regroupe les associations stéphanoises déjà existantes et en créent de nouvelles. Le bâtiment est construit en 1913 par l’architecte André Dantzenberg.

"Le Foyer populaire avait déjà une histoire Il a désormais un avenir", lance-t-on au Centre culturel du Brabant wallon, qui occupe les lieux appartenant à la commune. L’équipe technique du CCBW a travaillé durant 18 mois afin de rendre à nouveau accessible la salle du Foyer populaire fermée suite à un rapport des pompiers en 2005. Objectif de ces travaux : faire du Foyer populaire un espace de création, d’invention qui serait mis à disposition de troupes de cirque, de danseurs ou encore d’artistes plasticiens. C’est que les espaces de diffusion sont déjà nombreux dans la Jeune Province et que la salle de 300 m² au sol se veut polyvalente, vu le parquet au sol, sa scène et ses 10 mètres de hauteur.

"Le lieu se veut ouvert gratuitement aux artistes professionnels ou amateurs et selon différentes formules allant de la simple occupation des lieux à la coproduction, en passant par l’aide à la résidence", précise le directeur du CCBW, Olivier Van Hee, qui donne tout de même une préférence à une occupation continue. Des résidences allant d’une semaine à un mois sont d’ailleurs déjà programmées pour les six premiers mois de 2012, notamment avec Lady Cocktail (cirque), Racagnac Productions (marionnettes), le Collectif Physalis (danse)

La salle ainsi rénovée peut accueillir 300 personnes. Reste qu’une partie de la salle, à l’étage, n’a pas encore été rénovée. Elle souffre toujours de dégâts des eaux imposant une réparation du toit qui n’est pas encore pour demain, puisque la salle est classée, de même que la façade du Foyer populaire. Ce qui complique singulièrement les procédures. Cependant, le haut de la façade a été démonté, et la fameuse inscription "Solidarité et délassement" a été conservée en attendant la rénovation. La demande de certificat de patrimoine a été introduite il y a deux ans. Ce dernier prévoit trois phases de travaux. Mais il manque l’accord de la Région et des Monuments et sites. En attendant, et pour mettre le bâtiment hors eau, le bourgmestre stéphanois propose d’utiliser un subside provincial afin de rénover les toitures, les châssis et les maçonneries. Un chantier qui s’élèverait à 572 000€ sur les deux millions d’euros nécessaires à une rénovation complète des lieux.

Le public pourra découvrir la salle du Foyer populaire rénovée, ce samedi de 14h à 17h. "L’occasion de découvrir cette salle rendue belle à nouveau, mais non équipée, non hermétique et fragile, puisque le toit perce encore. Une manière de rappeler l’intérêt de préserver un bâtiment splendide et de poursuivre sa rénovation", précise le CCBW. Le public pourra s’y faire photographier avec un casque de chantier customisé, avec Olivier Praet, artiste associé au CCBW, dans le cadre de la saison chantiers et le photographe Ian Dykmans, qui exposera ses portraits. Neuf textes écrits sur le thème de la saison seront présentés et des visites loufoques seront organisées avec les comédiens du Panach’Club, sous la houlette d’Eric De Staercke. L’occasion de découvrir des anecdotes liées au passé du Foyer populaire.