Brabant

Du côté du musée Hergé, situé à LLN, on se dit "très satisfait du nombre de personnes accueillies" depuis l’ouverture début juin. "Nous n’avons pas encore fait de publicité à la radio, dans les journaux, ni nulle part. Nous attendons les gens qui viennent nous voir. Nous ne jouons que sur notre réputation et ça marche vraiment très bien", explique Marcel Wilmet, porte-parole de Moulinsart S.A. Le musée a pu atteindre des pointes à mille visiteurs quotidiens. La moyenne est de la moitié. Mais le musée ne s’était pas fixé de chiffre pour les premiers mois, affirme M. Wilmet. "Mais avec mille visiteurs par jour - ce qui nous arrive -, nous avons 40 minutes d’attente." Des mesures vont donc être prises pour y faire face, notamment l’augmentation du nombre de caisses.

Parmi les visiteurs, on trouve trois quarts de familles et un quart environ de couples plus âgés. Au niveau des nationalités, on trouve environ la moitié de Belges (30 % de francophones et 20 % de néerlandophones). "Il y a aussi beaucoup de Français, des gens des Pays-Bas, des gens qui viennent d’Asie, d’Angleterre, des USA." Par exemple, beaucoup de Néerlandais viennent en groupe parce qu’ils passent leurs vacances en Belgique. Mais 80 % des gens viendraient spécialement pour voir le musée Hergé. La moyenne des visites est d’une heure et quinze minutes, soit la durée d’une visite avec les audio-guides. "Mais on a un visiteur qui est resté de 10 h à 18 h ! Le fan par excellence !", glisse Marcel Wilmet qui affirme que le taux de satisfaction "est de 99,9 % !".

Le porte-parole de Moulinsart insiste : le Musée Hergé se familiarise en ce moment avec son "métier". "C’est notre premier musée", dit-il. "Pour d’autres, c’est la routine, mais pas pour nous ! Le but de Fanny Rodwell était de faire un musée en l’honneur d’Hergé. Maintenant, on ne va pas tout bousiller pour aller trop vite ! Nous apprenons le métier !" Ainsi, pour l’instant, le musée "n’attire pas encore les grands groupes. Nous n’avons pas fait d’appel pour des bus, des associations, des écoles " Une personne sera engagée après le 15 août dans ce cadre pour prendre contact avec les autocaristes. "L’étape prochaine" est aussi de faire de la publicité "à plus large échelle". Le musée pense aussi à réaliser des soirées privées, par exemple.

Quant à l’objectif de 200 000 visiteurs par an, cité par le directeur Laurent de Froberville, il ne sera peut-être pas atteint la première année, convient M. Wilmet, mais il s’agit là d’un objectif "à vitesse de croisière". "C’est un but qu’on s’est fixé et on va tout faire pour y arriver", dit-il. "Nous sommes confiants, car pour des expositions, nous avons eu 300000 visiteurs sur 4 mois au Centre Pompidou, 800000 sur un an au Québec. Nous avons l’expérience de grands chiffres mais pas d’un musée " Mais Moulinsart entend se placer "parmi les plus grands musées, et avoir des chiffres de visite à la hauteur". Marcel Wilmet revient aussi sur l’inauguration du Musée Hergé et la polémique médiatique qui en a suivi (la presse s’était vu refuser des prises de vue intérieures). "Les anglo-saxons disent qu’il n’y a pas de mauvaise publicité. Nous, on est un peu plus nuancés ! O.-K., on tire un trait sur le passé. A la visite du Roi, on a d’ailleurs montré un peu plus (NdlR : des salles ont pu être photographiées par les journalistes). Il ajoute : "On a eu une mauvaise ouverture, mais on travaille plutôt à long terme !" Et "personne n’a dit que le musée était moche. On a dit que c’était moche de ne pas avoir de photos " En outre, des journalistes du monde entier se présentent à présent spontanément pour faire des articles de fond sur le musée, précise le porte-parole.