Le pouillot brun, visiteur rare

Sau.L. Publié le - Mis à jour le

Brabant

Le jeudi 30 août, j’étais seul pour le premier relevé des oiseaux et, lors des décrochages, tout de suite, j’ai vu qu’il y avait quelque chose de spécial !", raconte Vincent Bulteau, conseiller en environnement à Beauvechain. Cet ornithologue hors pair menait à bien la campagne de baguages d’oiseaux, organisée chaque été dans les bassins d’orage de la commune, dans le cadre d’une action du Plan communal de développement de la nature. "D’habitude, poursuit-il, je reconnais toutes les espèces mais cette fois, ce n’était pas le cas "

A Beauvechain, il y a quelques ornithologues de qualité mais personne ne pouvait mettre un nom sur cet oiseau capturé, le temps d’être bagué. Finalement, après plusieurs recherches dans des revues spécialisées et les bases de données existantes, l’identification est réalisée : il s’agit d’un pouillot brun ! "L’oiseau niche entre la Mongolie et le Nord-Est de la Chine et généralement, l’hiver, il se trouve entre le Vietnam et l’Himalaya. C’est donc rare qu’il se retrouve en Europe de l’Ouest."

Pour se rendre compte du caractère exceptionnel de la découverte de cette espèce, il faut savoir qu’il s’agit de la seconde donnée connue pour la Wallonie depuis 1850. Cette observation devra donc être validée par la Commission d’homologation des espèces rares. "La seule trace enregistrée remontée à 1987, c’était déjà en Brabant wallon, à Clabecq, plus exactement."

En ce qui concerne le bilan de la campagne de baguage d’une quinzaine de jours, par contre, les quantités d’oiseaux répertoriés sont mauvaises : " On a eu 60 % de ce que l’on a habituellement. La reproduction a souffert avec un printemps et un mois de juillet qui n’étaient pas terribles. Les données pour la fauvette, par exemple, sont catastrophiques ! D’ordinaire, nous relevons environ 4 000 oiseaux et, cette fois, on a bagué à peine plus de 2 100 fois."

Mais à défaut de quantité, la qualité a été au rendez-vous comme la présence également rarissime d’un phragmite aquatique. On n’en trouve plus que 10 000 couples nicheurs dans le monde. Ce qui est suffisamment peu pour en faire une espèce protégée. "La conservation de la diversité biologique est devenue une préoccupation mondiale. C’est en ayant des actions locales grâce à des outils de gestion comme le PCDN et le PCDR/Agenda 21 local que Beauvechain peut avoir une dimension internationale."

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