Brabant Orp-Jauche Dans la vie de tous les jours, Xavier Deflorenne de son vrai nom est "Monsieur cimetière".

C’est un sentiment étrange de voir mes deux vies se rencontrer aussi explicitement, par ce prix et sa publicité. J’ai toujours clairement séparé ces deux pans d’existence et les sépare encore toujours." Dans la vie de tous les jours, Xavier Deflorenne est "Monsieur cimetière" pour la Région. Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est que l’Orpois est également Otto Ganz, auteur de romans et de recueils poétiques. Et c’est justement pour son dernier recueil "Du fond d’un puits" qu’Otto Ganz s’est vu décerner le prix Eugène Schmits, attribué à l’auteur d’une œuvre poétique ou non, de portée morale indéniable.

"Pourquoi écrire ? A titre personnel, il n’y a pas de réponse. J’ai toujours écrit, en évidence. Mon premier roman, ‘Aline’, aux défuntes éditions des Eperonniers, date de 97… mais je publiais en revues depuis longtemps auparavant. Depuis, une dizaine de romans et 12-13 recueils de poésie."

Mais qu’est-ce qui peut bien inspirer Otto Ganz ? "Des choses qui ont pu me marquer, attirer mon attention, m’interroger. Je les réutilise sous forme de fiction. Je constitue alors un nouvel univers."

Si pour les romans, Otto Ganz travaille sur plusieurs textes à la fois, sur de très longues durées, pour la poésie, et donc pour le recueil "Du fond d’un puits", c’est la notion d’urgence qui prévaut ! "Il me faut écrire de suite, de façon la plus concise possible. Mon approche de la poésie est cette concision, ce resserrement de la formulation."

Ce prix, Otto Ganz le reçoit avec plaisir mais aussi étonnement. "Ce recueil a été écrit dans un contexte de souci de santé. Au creux d’un épisode hospitalier, j’ai tenté de me raccrocher au recul que permet l’écrit, stabilisant la pensée. J’ai couché sur une feuille des balises, des garde-fous. Par la suite, je n’ai pas dû revoir beaucoup le travail. Ce livre est un parcours vers une forme de lumière."