Brabant Le promoteur des berges de l’Argentine répond aux critiques des riverains.

C’est un projet long, complexe et ambitieux. Il l’est tellement qu’il n’a jamais fait l’unanimité auprès des habitants de La Hulpe (lire ci-contre). Face aux remarques, parfois acerbes, nous avons rencontré le CEO de groupe Atenor, promoteur du projet, Stéphan Sonneville, qui livre sa version des faits.

"Chez nous, notre ADN est de reconstruire la ville sur la ville, explique-t-il d’emblée. Les autres promoteurs étendent les villes en construisant des lotissements, par exemple. Or, ici, à La Hulpe, ce qui est intéressant, c’est l’évolution d’un quartier. On a eu des papeteries, puis des bureaux, puis une offre résidentielle avec un ou deux commerces", poursuit le CEO.

Stéphan Sonneville, à la manœuvre du projet, se félicite également de la revitalisation du site. "Au fil du temps, le site a été pollué, macadamisé, bétonné et privatisé. Nous, nous dépolluons, enlevons le macadam, construisons et revitalisons l’Argentine tout en renouant avec la biodiversité. Cela fait partie de mes valeurs et je ne les trahis jamais !"

Deux cent vingt voitures par jour

D’une superficie totale de 4,5 hectares, le site a été déserté par Swift il y a plusieurs années déjà et le collège communal voulait à tout prix éviter qu’il reste à l’abandon. Le groupe Atenor l’a donc racheté en janvier 2015 avec pour objectif de réhabiliter le quartier. "C’est un bon endroit pour habiter et ce sera accessible aux plus jeunes. A quelques mètres, vous avez des appartements Thomas&Piron. Pour 120 m2, vous pouvez acquérir un appartement pour 480 000 euros hors TVA, hors parking. Ici, pour 280 000 euros, vous pouvez acheter un appartement de 80 m2. A qui vais-je vendre ? A eux, aux plus jeunes et aux plus âgés", enchaîne-t-il.

Sans fard, le promoteur répond également aux critiques. "Ce n’est pas un Genval bis (NdlR : les papeteries de Genval) . A Genval, la densité a presque doublé par rapport aux berges de l’Argentine. Ici, la densité et les surfaces ont été décidées par Swift et les autorités. Pas par nous ! Puis, on pointe les problèmes de mobilité. Dans notre projet, au maximum, il y aura 220 voitures par jour. Chez Swift, il y en avait près de 370 ! Vous vous rendez compte ?"

Le CEO rappelle ses engagements : "Que les habitants aient peur d’un promoteur, c’est normal, compréhensible. Qu’on se méfie de moi, je comprends. Mais qu’on doute de mes engagements, je le vis très mal. Je m’engage sur les défis environnements, sociaux et économiques. On va ramener les gens au milieu du village, ce qui encouragera les petits commerces et les circuits courts. Ce projet va amener des clients", conclut-il.