Brabant

Exception faite des séances d’intronisation, il y a rarement eu autant de public au conseil communal que lundi dernier. Et pour cause : les représentants et aficionados du Théâtre d’Appoint et ceux du Centre culturel s’y étaient donné rendez-vous pour interpeller le collège en début de réunion. De quoi expliquer les septante personnes présentes dans la salle. "Des économies de bouts de chandelles ne vont pas redresser le budget communal mais risquent d’éteindre la flamme théâtrale qui anime notre commune", a estimé Véronique Schwaiger, la présidente de la troupe amateur (mais de qualité).

Et l’intéressée de pointer les mesures annoncées par la commune : non-reconduction du subside annuel, libération quasi immédiate et sans alternative du local de rangement, suppression de l’aide logistique pour le transport des structures et limitations concernant l’occupation de la Maison de l’Entité.

La présidente a également rappelé qu’une autre partie du matériel du Théâtre d’Appoint se trouvait toujours à la Salle des Variétés vouée à être démolie pour faire place à des logements publics. "À ce jour, nous n’avons encore reçu aucun avis de libération des lieux ni de proposition d’alternative", a complété Véronique Schwaiger.

Serge Morciaux a ensuite pris la parole à propos du Centre culturel (asbl non reconnue par la Communauté française) dont il est le trésorier. "Dans un courrier, le collège montre sa volonté de supprimer cet outil via une dissolution de l’association, a-t-il expliqué. Quelle sera alors la politique culturelle à Orp-Jauche ? Le CCOJ se voulait pluraliste, polyvalent et géré par le monde associatif en partenariat avec les pouvoirs publics. Sans la commune, la parité disparaîtra Autrement dit, peut-on encore mener des activités dans l’entité si l’on n’obtient pas l’aval de la commune ?"

Pas de réponse aux interpellations

Ces interpellations ont apporté leur lot d’enseignements. A tout seigneur, tout honneur : Geoffrey Fadeur a étrenné ses habits de président du conseil. Un rôle qu’il devra encore répéter avant de le maîtriser pleinement, notamment lorsqu’il s’agit de faire respecter un minimum d’ordre public. À sa décharge, plusieurs acteurs culturels ont fait montre d’irrespect en invectivant les élus, en commentant certains faits, en applaudissant des propositions

Et le bourgmestre ? Hugues Ghenne était absent pour cause de convalescence, aux dires de Geoffrey Fadeur.

Un motif que le fond de la salle n’a pas daigné prendre pour argent comptant, certains pointant par ailleurs le fait que, sans son "grand timonier" (dixit un membre du public), la majorité a fait preuve d’un mutisme révélateur.

Il n’était pas obligatoire de répondre aux interpellations (ce sera pour la prochaine séance). Mais quand les motivations sont connues, rien n’interdit de les expliquer. Tout profit, donc, pour l’opposition qui n’en demandait pas tant pour clamer son soutien au monde culturel.