Brabant

La cour d'assises de Bruxelles-Capitale délocalisée en Brabant wallon a condamné mercredi soir Richard Remes à 17 ans de réclusion pour l'assassinat de la petite Sandra G. L'arrêt indique explicitement que les faits auraient pu justifier la réclusion à perpétuité, et il souligne la rancœur ainsi que l'absence totale de remise en question dans le chef de l'accusé. 

Mais le dépassement raisonnable dans lequel un justiciable doit être jugé est pris en compte pour diminuer considérablement le taux de la peine. Les 17 ans infligés s'ajoutent à la réclusion de 30 ans dont a écopé Remes en 2012. C'est l'affaire dite du vitrioleur, un dossier de tentative de meurtre commise en 2009 par Richard Remes sur Patricia Lefranc, qui a valu à l'accusé ces trente ans de réclusion en 2012. Et c'est suite à cette affaire que le dossier soumis depuis plus d'une semaine à la cour d'assises a été rouvert. En 1997, l'accusé avait bénéficié d'un non-lieu, faute d'éléments suffisants. Mais les enquêteurs ont par la suite considéré que le vitriolage de Patricia Lefranc et les circonstances de cette affaire impliquant l'accusé jetaient un éclairage nouveau sur les faits de 1988, qui n'avaient jusqu'alors pas été élucidés.

Mercredi matin, alors qu'il avait été déclaré coupable d'assassinat la veille par les jurés, Richard Remes a une nouvelle fois clamé qu'il était innocent et qu'il n'avait jamais touché à la petite Sandra, fille de sa maîtresse et âgée de 16 mois lorsque son corps a été trouvé au bas d'un immeuble de la rue Haute à Bruxelles. La cour a surtout retenu de cette déclaration que l'accusé était toujours dans le déni total.

L'arrêt fixant la peine à infliger à Richard Remes souligne notamment la gravité extrême des faits commis, la violence gratuite déployée par l'accusé sur un bébé de 16 mois, les souffrances physiques infligées à la petite fille qui a agonisé durant une demi-heure, d'après un médecin légiste, et le dommage irréparable causé à la mère de Sandra. Les jurés reprennent également l'analyse d'un des psychiatres qui a examiné Richard Remes et l'a décrit comme un parfait exemple de pervers narcissique, qui n'éprouve aucune culpabilité. Sa rancœur et son absence totale de remise en question ont également été fustigées.

"Les faits auraient pu justifier la réclusion à perpétuité", précise l'arrêt avant de réduire considérablement cette peine en constatant le dépassement du délai raisonnable.