Les fermiers veillent sur l’eau

G. H. Publié le - Mis à jour le

Brabant

Boire un verre de l’amitié à Mont-Saint-Guibert, c’est une habitude. Mais qu’il soit rempli d’eau, c’est assez rare. C’était pourtant le cas, vendredi, à côté de la station de captage gérée par l’IECBW (intercommunale des eaux du centre du Brabant wallon) où plusieurs personnes ont trinqué à une collaboration qui a tout pour s’avérer fructueuse à moyen et long terme.

Ce travail en commun, c’est celui de l’asbl Nitrawal et de cinq agriculteurs. Leurs terres sont situées au-dessus de la zone de captage de l’Ornoy, où l’on prélève 85000 m3 par an. Tout est parti du constat qu’il y avait une concentration relativement élevée, mais dans les normes de l’OMS, de nitrate dans les eaux captées (une teneur moyenne de 48,5 mg par litre). L’objectif a donc été de fédérer les acteurs concernés par les 56 ha du bassin pour améliorer la qualité de l’eau au travers de diverses pratiques. Il s’agit de mettre en œuvre des pratiques de fertilisation raisonnée et d’éviter les excédents. Cette action coordonnée ayant démarré fin 2010, il est encore trop tôt pour remarquer des effets sur le captage. Mais les raisons d’espérer existent. D’une part, parce qu’un semblable programme a déjà fait ses preuves depuis 2004 à Arquennes (Sombreffe). D’autre part, parce que des relevés en surface font déjà état d’une diminution du pourcentage d’APL (azote potentiellement lavable) après une année seulement. A Sombreffe, les résultats sont mesurables au niveau du captage et, donc, des nappes phréatiques.

"Quand j’ai été contacté, j’ai d’emblée dit oui, a rappelé Charles De Vleeschouwer, un des cinq agriculteurs impliqués à Mont-Saint-Guibert. Et voilà que les premières données ne sont pas mauvaises du tout. Enfin, il y a ce panneau qui vient d’être dévoilé : une bonne idée, car il montre aux gens que nous sommes capables de cultiver convenablement". Un enthousiasme partagé par Alain Gillis. Le directeur de l’IECBW, qui soutient l’action, s’est dit "très satisfait de cette collaboration qui entre en résonance avec les valeurs de l’intercommunale, à savoir la gestion durable de l’environnement et la satisfaction du client".

L’intéressé en a profité pour rappeler que l’IECBW sensibilisait régulièrement les citoyens sur l’usage des pesticides, "car quand on pointe du doigt les agriculteurs, on se trompe parfois de cible". A noter que Mont-Saint-Guibert est, en fait, un des sept sites pilotes choisis par Nitrawal. En plus de sa mission générale de conseil aux agriculteurs wallons pour la gestion du nitrate répandu sur les champs, cette asbl veille actuellement sur sept sites sensibles en Wallonie. Il s’agit de sites de captages pour lesquels des accords sont pris avec les agriculteurs concernés, pour instaurer des actions (volontaires) de protection de l’eau complémentaires au Programme de Gestion durable de l’Azote (PGDA) réglementant les pratiques agricoles pour protéger les eaux d’une contamination par le nitrate d’origine agricole. Nitrawal mène également ce genre d’expérience dans les régions de Rochefort, Tournai, Mons, Walcourt et Tinlot. Outre Mont-Saint-Guibert, le Brabant wallon devrait en compter un second d’ici peu, Vieux-Genappe se trouvant dans le collimateur de l’asbl.

Publicité clickBoxBanner