Brabant La pénurie de pompiers pourrait déboucher sur un drame, estiment-ils

Il y a quelques jours, les pompiers de Braine-l’Alleud ont mis plus d’une demi-heure pour se rendre sur un incendie… à Rebecq. La question que l’on se pose, c’est de savoir pourquoi ce sont les pompiers brainois qui ont dû intervenir et pas ceux de Tubize, pourtant plus proches ? La réponse est simple : le manque d’effectif.

Une situation inquiétante tant pour les hommes du feu que pour les habitants de la Jeune Province. "Je suis certain qu’un jour, il y aura une catastrophe, déplore un pompier de la zone. D’ailleurs, depuis le passage en zone de secours, c’est bien simple : les Brabançons wallons sont moins bien protégés que par le passé."

Que ce soit du côté de Nivelles, de Braine-l’Alleud ou encore de Tubize, le problème est le même : "on ne sait pas assumer un départ complet avec une autopompe et une échelle. Il faut obligatoirement qu’un service proche intervienne également".

Avec un problème qui en découle : toutes les casernes se retrouvent en difficulté. " À chaque fois, c’est un service qui est déforcé et qui se dégarnit. Par rapport à ce que la loi préconise (une autopompe avec six hommes et deux ambulanciers), il faut engager de nouveaux pompiers. Cela ne nous dérange pas de travailler et de venir en aide à d’autres casernes qui sont dans le besoin mais un jour, il y aura un grave problème. J’en veux à la zone de secours qui ne semble pas vouloir comprendre qu’il faut absolument engager de nouveaux pompiers et qu’il est temps de réfléchir à cette problématique", continue le pompier brabançon wallon.

Et si les hommes du feu sont conscients qu’il n’est pas toujours possible d’engager de nouveaux collègues aussi facilement, d’autres problèmes, financiers, pourraient peut-être répondre à une partie de la problématique. "On ne demande pas à être cent. Il peut y avoir des moments où l’on se retrouve en sous-effectif mais si on se retrouve dans cette situation, c’est aussi car le personnel ne souhaite pas revenir car il est sous-payé ! La réflexion doit être menée rapidement car je suis certain qu’un jour, un incendie va se déclarer et personne ne pourra intervenir à temps pour aider les victimes."

Filleul : "Je n'ai pas la recette miracle"

Responsable de la zone de secours du Brabant wallon, le major Philippe Filleul est bien conscient de la problématique qui n’incombe pas entièrement à la zone. "Il est compliqué d’avoir du personnel qui se déclare disponible, explique-t-il. Contrairement au passé, ce n’est plus la zone qui l’impose, mais le personnel qui se déclare disponible ou non. La zone ne peut rien imposer et on se retrouve dans une espèce de no man’s land. D’ailleurs, je suis très prudent sur ce que je demande en matière de disponibilité."

Du coup, c’est toute la zone qui se retrouve déséquilibrée. "Ce n’est pas bon et ce n’est pas mon but non plus. J’essaye de donner un maximum pour que les pompiers soient motivés. Avant, même si un pompier n’était pas prévu, la caserne l’appelait et il arrivait. À présent, on doit se baser sur un algorithme pour savoir qui est disponible ou non. C’est une mauvaise solution. Il faut être humain et pouvoir discuter ensemble."

En attendant, ce sont les Brabançons wallons qui risquent d’en payer les pots cassés en cas de catastrophe. "On ne peut pas tout prévoir, c’est certain, mais malheureusement, je me rends compte, et je le comprends, que l’argent a une place importante. On ne fait plus rien pour rien et le coût de la vie n’a cessé d’augmenter. On ne peut pas demander à un pompier d’être disponible gratuitement pendant des heures, surtout s’il ne se passe rien. Mon point de vue, c’est qu’il faut que ça évolue et il est temps de trouver un moyen de contenter tout le monde. Malheureusement, pour le moment, je n’ai pas la recette miracle", conclut le major Filleul.