Brabant

Mékong plus, association basée à Louvain-la-Neuve, s’est donné pour mission de faire du développement communautaire (microcrédit, techniques agricoles, formations d’enseignant, protection des forêts ) dans les régions les plus pauvres du Vietnam et du Cambodge, dans des zones rurales.

"Dans les villages, au Vietnam, on mène des actions de développement pour une communauté. On définit ses priorités, ses besoins, avec elle." explique Bernard Kervyn, qui coordonne les opérations dans les deux pays. L’idée est donc de faire participer la population. "Ils sont actifs, ils trouvent des idées, et prennent en charge un cofinancement. Les projets sont parfois financés par eux à 50 % ou aux deux tiers."

Exemple : "Dans le delta du Mékong, on a eu demande pressante de la population pour des ponts, afin de débloquer des villages enclavés. Les populations interviennent pour deux tiers, Mékong Plus finance les projets à un tiers. A présent, on construit 30 à 35 ponts chaque année. On peut aussi par exemple aider une famille qui veut faire un élevage de cochons. On souhaite que les voisins se mobilisent aussi, et nous nous intervenons dans un deuxième temps. Il faut que les gens aient envie, que ce soit un projet de communauté." Le projet est considéré comme réussi lorsque les villageois peuvent aussi en revendiquer la paternité . "Cela leur rend la dignité, et cela permet aussi de dynamiser." Mékong Plus, avec la française Viêt Nam Plus, couvre cinq cents villages, pour 170000 bénéficaires chaque année. "Le Vietnam est un pays en effervescence. C’est une région où les programmes de développement sont très efficaces. Il y a une mobilisation très forte des autorités et de la population. Comme ça marche bien au Vietnam, on va travailler de plus en plus au Cambodge. Là la pauvreté est très forte, et il y a peu de programmes gouvernementaux." Mekong Plus espère pouvoir utiliser les méthodes utilisées précédemment, comme former des paysans "pilotes" qui iront ensuite vers des paysans plus pauvres, "les cadres ingénieurs agronomes venus de la ville, ne parlant pas le même langage et n’ayant pas la même empathie". Mékong Plus souhaite récolter pour sa campagne 2010, 150000 euros. L’idée : faire appel aux bonnes volontés, et notamment aux entreprises, pour cofinancer une série de concerts, dont les bénéfices seront reversés à Mélong Plus. Parallèlement, l’association entend, ici, témoigner pour expliquer ses actions et faire évoluer l’opinion sur les questions relatives au développement.