Brabant Chastre

La salle du conseil communal de Chastre, lundi. Il est 11 h passées de quelques minutes lorsque le bourgmestre Claude Jossart reçoit des mains d’Els Bakker une pétition riche de 1 147 signatures. 1 147 noms de Chastrois, de Perbaisiens, de Walhinois qui disent contre au projet de la société Aspiravi.

Un promoteur qui, pour rappel, a l’intention de construire huit éoliennes sur le plateau central de l’entité. En résumé, les opposants s’inquiètent de l’implantation de ces turbines "aussi hautes de que la tour du Midi" (si l’on prend en compte les pales), de la distance par rapport aux habitations les plus proches, des nuisances sonores et de "la destruction d’un magnifique paysage".

Mais ce qui énerve le plus les signataires, c’est le "déni manifeste de démocratie" de la part du ministre wallon Philippe Henry. Ce dernier a, en fait, octroyé à deux reprises le permis à Aspiravi alors que l’administration l’avait refusé et que le collège communal avait remis un avis négatif.

Et le Comité de Défense du Plateau de Chastre de commenter : "L’incompréhension est d’autant plus grande qu’il n’y a aucune retombée financière pour la Région wallonne dans le projet 100 % flamand et que le Conseil d’Etat a annulé à deux reprises les arrêtés du ministre."

Un stade ultime où les opposants sont déjà allés deux fois, sortant quelque 8 000 € de leur poche au gré de diverses collectes. Et ils préviennent : ils sont décidés à déposer un troisième recours s’il le faut ! Ils disent d’ailleurs disposer d’une bonne base pour le financer.

Reste à voir si ce sera nécessaire. Actuellement, l’enquête publique qui s’est clôturée lundi portait sur un complément à l’étude d’incidences demandé par Philippe Henry.

Tout dépendra dès lors de l’octroi ou non par ce dernier d’un nouveau permis unique. D’ici là, le collège aura également rendu son avis plus que probablement négatif, même si le maïeur Claude Jossart n’a pas dévoilé officiellement les intentions de son équipe. "Vous connaissez notre opinion, a-t-il cependant lâché. Je vous félicite par ailleurs pour votre travail."