Brabant La Province veut une réflexion approfondie sur la possibilité d’y interdire les tracteurs.

Il y a quelques semaines, une sortie du ministre wallon Carlo Di Antonio avait suscité un véritable émoi au sein du monde agricole en Brabant wallon. Au vu des récents accidents, parfois mortels, impliquant un tracteur sur la N25, le ministre souhaitait interdire de tels convois sur cette voie rapide où les automobilistes sont autorisés à rouler jusqu’à 120 km/h.

Immédiatement, l’annonce avait entraîné une levée de boucliers des agriculteurs, soutenus par les communes qui indiquaient que renvoyer le convoi agricole sur les routes secondaires était compliqué au vu des aménagements (notamment des rétrécissements de chaussées) réalisés ces dernières années.

Le ministre Di Antonio avait, fin avril, envoyé une proposition d’arrêté aux communes concernées par la fermeture de la N25 aux tracteurs. Ces dernières ont jusqu’à la fin juin pour rendre un avis dont on doute qu’il soit positif.

Une étude de mobilité nécessaire

Lundi, une réunion a dès lors été organisée avec les autorités provinciales, le procureur du Roi ainsi que des représentants de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), des communes concernées et du ministre Di Antonio. Elle pourrait déboucher sur la réalisation d’une étude de mobilité visant à déterminer la faisabilité d’une fermeture de la N25 pour les tracteurs et les conséquences que celle-ci aurait sur la mobilité en Brabant wallon, principalement au cœur des villages concernés.

"Réaliser une étude de mobilité préalable à toute décision nous paraît être le b.a.-ba, précise le député provincial en charge de la Mobilité, Marc Bastin. Si les tracteurs ne peuvent plus emprunter la N25, ils vont devoir traverser les communes. Or il y a beaucoup d’endroits où c’est très compliqué pour un tracteur de circuler. Il ne faut pas oublier non plus que, juridiquement, les bourgmestres ont le devoir de n’ouvrir des voiries que si elles sont suffisamment sûres. Si on les rend dangereuses, il y a potentiellement une responsabilité pénale du bourgmestre en cas d’accident."

Selon le député provincial, une étude de mobilité est donc "absolument nécessaire". Une étude qui pourrait prendre plusieurs semaines, voire mois pour être menée, à condition que le ministre Di Antonio accepte l’initiative.