Brabant

Que faire de vieilles pièces de voitures, d’anciennes chambres à air ou même de boîtes de Tic-Tac vides ? La réponse se trouve dans sur le site Abbeyfield "New Monticelli", à Villers-la-Ville. L’exposition d’éco-design et de recyclart y est organisée jusqu’au 5 juin. "De plus en plus de gens sont intéressés par l’écologie, et par un design moderne, qui fait appel à tout ce qui est écologique, environnement, durable, constate la co-organisatrice de l’expo, Gaëlle Lhirondelle. Ici, c’est une belle association entre des artistes qui s’intéressent au recyclable, et d’autres au design qui créent des objets neufs, mais avec des matériaux naturels ou respectueux de l’environnement. Et plein de gens s’y intéressent. Ils se posent des questions : J’ai une vieille table, dois-je la jeter ? N’y a -t-il pas moyen d’en faire quelque chose d’autre ?"

Les organisateurs de l’exposition n’ont eu aucunes difficultés à rassembler la vingtaine d’artistes qui y figurent. Dans le jardin, le public pourra ainsi découvrir un œuf géant en bois de Pol Marchandise et Mostafa Hadi (Ode au bois), qui sont artistes mais aussi charpentiers et menuisiers, et construisent d’ailleurs des charpentes. Dans la cour, sont aussi exposés les "potagers sur pied" de Pascal Bauwens. Soit des tables basses ou des jardinières en bois qui permettent de cultiver des légumes ou des plantes aromatiques sur une terrasse. Cédric du bois des corbeaux pratique lui la "sculpture utilitaire" de bois : luminaires, nichoirs, mangeoires, lits

D’autres artistes ont préféré le recyclage, en offrant une nouvelle fonction à des objets destinés à être jetés. C’est le cas de Simon Daron, qui a suivi une technique burkinabé pour concevoir des mini-réchauds à l’aide de roues de vélo. D’autres ont métamorphosé des cônes de circulation en luminaires d’ambiance, des boîtes de Tic-Tac en lampes, des pneus en sacs

Jean-Fran Delafraise, lui, fabrique notamment des bougeoirs, à partir de pièces automobiles destinées à la casse. Ce Bruxellois s’inspire de son métier de garagiste et du contenu de son garage. "J’ai tout un hangar rempli d’un fatras de pièces. C’est une pièce prise isolément qui va créer l’œuvre. Je n’ai pas d’idée définie. Pour un bougeoir, c’est une pièce de boîte de vitesse qui m’amène à une seconde pièce, celle-ci à une troisième En fait, un artiste crée pour se faire plaisir, pour réaliser quelque chose de décoratif. Après, il se rend compte qu’il peut donner une utilité à l’œuvre ! Et c’est aussi un travailleur manuel, il utilise la matière première dont il est familier ! Et comme garagiste, je travaille aussi "à l’africaine", en bricolant : j’essaie d’être créatif, de trouver des solutions moins onéreuses pour les clients, et ne pas forcément prendre de pièces neuves " Il se veut aussi un peu "décorateur de jardin de nuit" et crée pour des événements "des salons d’ambiances extérieurs" , avec un balancelle réalisé à partir de sièges de voiture, et des poêles à bois fabriqués à partir de boilers. "Un artiste recyclart, c’est un peu un fouilleur de poubelles, de décharge, de parcs à conteneurs " Cela dit, "cela n’implique pas que l’œuvre moins chère ou plus chère. Ce n’est pas produit à la chaîne, mais un travail d’artiste. "Les objets exposés peuvent monter jusque 1000 euros. "Certains objets ont nécessité des heures de travail", remarque Gaëlle Lhirondelle Du public, on a eu un bon retour. La question du prix, ce n’est pas ce qui est revenu. Les gens comprennent qu’il y a une démarche artistique derrière."

L’expo a aussi pour but de faire connaître le site, qui doit accueilir des seniors. Celui-ci avait fermé durant trois ans, mais rouvre avec de nouveaux propriétaires, toujours sous la bannière Abbeyfield, un concept d’habitat groupé et un mouvement de volontaires qui aide des aînés, souvent isolés mais autonomes, à partager un cadre de vie. "L’habitat durable, c’est aussi dire "habitons ensemble, consommons moins" Le lien avec l’expo est donc flagrant." Françoise Speeckaert est pour l’instant l’unique habitante Abbeyfield, mais sur les onze appartements, trois ont été attribués à des "non Abbeyfield", des locataires indépendants plus jeunes : "On a donc aussi un aspect intergénérationel. Ce qui me plaît, c’est l’habitat groupé, de ne plus être seule. Et puis c’est auto-géré. Cela me coûte aussi moins cher qu’un logement à Bruxelles. Tout est partagé." Le site recherche donc des pensionnaires seniors pour le reste des appartements. Des portes ouvertes sont prévues le 22 mai.

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