Brabant Au lac de Genval, on marche aussi sur la tête quand on apprend les deux règlements régionaux.

C’est une histoire insolite, amusante, avec une touche de surréalisme belgo-belge. Nous sommes au lac de Genval (Rixensart). Par ce froid polaire qui sévit depuis plusieurs jours, le lac est gelé. À tel point que la couche de glace permet aux funambules de marcher dessus. Pour s’y aventurer, il fallait repérer les endroits où la couche de glace était la plus épaisse, notamment aux abords du lac.

Mais attention où vous mettez les pieds ! D’un côté, il est interdit de s’aventurer sur le lac, de l’autre, la pratique, pourtant risquée, est autorisée.

Au XVIIIe siècle

Pour que cette histoire devienne surréaliste, il manque deux ingrédients… bien de chez nous : la législation wallonne d’un côté, et la législation flamande de l’autre. "Le lac se situe à cheval sur la région flamande, sur la commune d’Overijse, et sur la région wallonne, avec la commune de Rixensart , raconte Vincent Garny, premier échevin à Rixensart. Et donc, il existe deux réglementations pour un même lac. Le tracé de l’Argentine sépare le lac, deux communes et deux régions. C’est la frontière linguistique !"

Pour comprendre, il faut remonter au XVIIIe siècle. A l’époque, Gustave Smets-Mondez, avocat et homme d’affaires, décide de créer un lac artificiel dans la vallée de l’Argentine. Plusieurs années plus tard, lors de la création de l’Etat fédéral, des communautés et des régions, on décide de fixer la frontière linguistique sur l’ancien lit de la rivière Argentine. Des bornes de délimitation ont été placées au fond du lac. Aujourd’hui, il est autorisé de marcher sur le lac côté flamand, mais pas côté wallon…

Pour la petite histoire, le lac artificiel a été rempli d’eau provenant de l’Argentine. Cette situation a donné naissance à des moments insolites. "Quand des policiers tentaient d’attraper des contrevenants sur le lac gelé, ces derniers allaient sur l’autre rive du lac, de l’autre côté de la frontière linguistique pour ne pas se faire pincer , sourit Vincent Garny . Par contre, plus sérieusement, l’interdiction sert avant tout à la sécurité des personnes. Cette législation n’a pas été votée pour les embêter. Que du contraire !"