Brabant Les agriculteurs dénoncent la décision du ministre Di Antonio d’interdire les tracteurs sur la N25.

La Fédération wallonne des agriculteurs (FWA) a organisé une opération de sensibilisation, jeudi matin, sur la N25 à Grez-Doiceau et Nivelles. Objectif : dénoncer la décision du ministre de la Mobilité, Carlo Di Antonio, d’interdire l’accès à la N25 aux tracteurs à partir du 1er juillet prochain. Une décision qui faisait suite à une succession d’accidents survenus ces dernières semaines sur la nationale. Parfois avec des conséquences graves : en octobre, un jeune Chastrois avait perdu la vie après avoir violemment percuté un tracteur.

Distribution de sacs de pommes de terre

Hier, les agriculteurs ont symboliquement distribué des sacs de pommes de terre aux automobilistes. "L’objectif n’est pas de les bloquer mais de les sensibiliser à notre cause, précisait Dominique Lebrun, agricultrice à Wavre. Cette N25 est un outil de travail pour nous et y interdire les tracteurs n’améliorera en rien la sécurité des automobilistes."

Au contraire, elle pourrait même accentuer le danger. "Avec cette mesure, on va être contraints d’emprunter les petites routes. Celles-ci ne sont plus adaptées au charroi agricole. Les communes ont pris des mesures pour diminuer le transit en limitant la largeur des routes, en mettant des chicanes… Certains automobilistes vont vouloir nous dépasser dans des virages ou en coupant une ligne blanche. Et ils risquent de provoquer des accidents frontaux…"

Réduire la vitesse à 90 km/h

Selon Dominique Lebrun, ce ne sont pas les tracteurs qui sont dangereux mais les automobilistes. "Mercredi, je roulais à 120 km/h sur la N25 et j’étais dépassée par des conducteurs qui devaient rouler à 150 km/h, voire plus. C’est le non-respect de la vitesse imposée ainsi que l’usage des téléphones au volant qu’il faudrait dénoncer. Il ne faut pas non plus oublier qu’on a facilité les procédures d’expropriation en 1979 à condition qu’on puisse utiliser la N25. Cette mesure, c’est faire fi de la parole donnée. Nous obliger à passer par les routes secondaires, c’est augmenter nos trajets en kilomètres, c’est nous faire consommer plus d’essence et nous faire perdre un temps fou."

Un sentiment partagé par Jean-Pierre Van Puymbrouck, agriculteur à Walhain. Lequel invite le ministre Di Antonio à venir observer, à bord de sa moissonneuse, que les routes de villages ne sont pas adaptées à un tel charroi. "J’emprunte ponctuellement la N25, confie-t-il. Aujourd’hui, je mets une heure pour aller à Nivelles. Si je dois passer par les petites routes, j’en mettrai une de plus."

La solution, selon Philippe Janssens, agriculteur à Chaumont-Gistoux, serait de réduire la vitesse sur la N25 à 90 km/h. "La décision d’interdire cette route aux tracteurs a été prise dans un bureau, sans consultation des principaux concernés, déplore le représentant de la FWA pour le Brabant wallon . Les itinéraires de délestage ne sont pas accessibles. Je conviens que certaines portions de la N25 peuvent être dangereuses. Mais il y a des accidents presque chaque jour à hauteur de Court-Saint-Etienne et les tracteurs n’y sont pour rien."