Brabant En Brabant wallon, il n’en existe pas. Voici pourquoi Ottignies est la ville idéale.

Dans la rue des Bruyères, peu après le cercle de droit Adèle, la chaleur des pavés et des immeubles en pierre surchauffe l’atmosphère ambiante de la rue. Les portes du centre "Un Toit un Cœur" (Utuc) sont ouvertes.

"Mais depuis le début de l’été, depuis que les températures sont élevées, la fréquentation a diminué", raconte Evelyne Louveaux, co-fondatrice et co-présidente du CA "Un Toit un Cœur". Puisque le centre est trop petit, la plupart des sans-abri recherchent l’ombre sous les quelques arbres aux alentours. "Malheureusement, notre centre n’est ouvert qu’en journée. Notre travail est avant tout de la prévention. On veille à ce qu’ils boivent de l’eau et non de l’alcool, qu’ils puissent prendre des douches et laver leur linge. Nos équipes sont aussi réduites car il y a moins de visites", poursuit-elle.

Deux hommes, sans domicile, qui arpentent quotidiennement les rues de la cité universitaire ont bien voulu se confier, sous l’anonymat. Un peu réticents au départ face à un journaliste, ils prennent confiance, au fil de la discussion. "En fait, si j’ai pas envie qu’on cite mon nom ou qu’on me prenne en photo, c’est pour ne pas m’attirer de problème. Tu sais, c’est un sujet sensible. Peu d’entre nous ont le courage d’en parler. On n’a pas honte, on réclame simplement un toit pour l’année. Avec le strict nécessaire : à boire, à manger, se doucher et laver nos vêtements", explique le premier .

Aller chercher la fraîcheur

En plein été, les deux compères avouent que le quotidien n’est pas toujours facile. "Dormir, c’est encore possible. On sait où aller. On a nos petites cachettes, tu sais !", poursuit l’un d’entre eux en souriant. "Parfois on va à la mer, chercher la fraîcheur. Parfois simplement dans les parkings souterrains…"

La problématique n’est pas nouvelle. Il manque un centre de nuit en Brabant wallon pour accueillir ces personnes fragiles, en hiver comme en été. Un projet sur la bonne voie.

"Avec mon équipe, nous avons rassemblé tous les acteurs autour de la table afin de faciliter la réflexion et pour que le projet puisse voir le jour, explique Anne Lambelin, députée wallonne (PS). Idéalement, nous pensons que ce projet devrait être piloté par les autorités locales, c’est-à-dire Ottignies et son CPAS. Nous sortirions de notre rôle si nous passions au-dessus des autorités locales pour implanter un tel projet. Nous avons déjà eu plusieurs réunions à ce sujet et on remarque qu’il y a quelques réticences et questionnements souvent légitimes : notamment sur le financement. L’appel a déjà été lancé. Et j’ai bon espoir."