Brabant La commune propose des terres aux agriculteurs qui s’estiment lésés.

En 2006, les autorités communales lançaient le projet de contournement de Perwez. C’était également le début d’un conflit avec les agriculteurs qui ne voient pas l’arrivée de ce contournement d’un bon œil.

Conseil d’Etat, tribunal de première instance… Les agriculteurs ont fait valoir leurs droits jusqu’au bout, eux qui se sentent lésés et préjudiciés par l’arrivée future du contournement de Perwez. Résultat : les travaux sont bloqués et aucune solution ne semblait envisageable.

Une proposition

Perturbé par ce blocage, André Antoine vient de sortir un lapin de son chapeau, qui pourrait peut-être débloquer la situation. Son idée : offrir des terres disponibles ailleurs aux agriculteurs afin qu’ils ne perdent pas en quantité. "Il existe une opportunité inédite et historique avec un peu plus de sept hectares de culture qui sont disponibles sans bail après la moisson de 2018", explique André Antoine.

Il s’agit en effet des terres d’un agriculteur qui arrête son activité. "L’idée serait que l’IBW rachète ces terres, elle qui est l’opérateur de la voie de contournement et qui, tout comme nous, a besoin de cette paix citoyenne pour enclencher le début des travaux."

Reste à savoir si l’IBW rachètera ces terres et si les agriculteurs accepteront cette proposition qui pourrait bien tout débloquer. "On leur donnerait plus de terres qu’ils n’en perdent avec les travaux de contournement. En termes de déplacement, il n’y aura pas de grande différence car les terres se trouvent à Thorembais. Je pense sincèrement que c’est une opportunité unique de conclure une paix citoyenne. Avec cette solution, ceux qui ont besoin du contournement s’y retrouvent et les agriculteurs obtiennent une juste compensation."

Dans un premier temps, un courrier officiel va être envoyé à l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW) en demandant que le point soit traité en urgence. La commune et les agriculteurs ont-ils enfin trouvé un terrain d’entente ? L’avenir nous le dira, mais la proposition mérite d’être analysée.

Des milliers de voitures chaque jour

Tous les jours, matin et soir, c’est le même problème à Perwez : ça bouchonne. Et pour cause, en moyenne, ce sont 33 000 véhicules qui passent quotidiennement sur la chaussée de Charleroi et 30 000 sur la chaussée de Wavre. "De plus, les personnes qui s’occupent des péages kilométriques ont décidé que les deux chaussées entraient dans les conditions pour être sous péage kilométrique", explique André Antoine, le bourgmestre en titre de Perwez. Pour le président du parlement wallon, c’est clair : le contournement de Perwez est indispensable. "Que ce soit Perwez, Chaumont-Gistoux, Incourt, Jodoigne ou encore Ramillies, toutes ces communes de la région voient leur population augmenter, ce qui entraîne un trafic supplémentaire. Aujourd’hui, que ce soit le matin ou au retour, il y a des files depuis le centre de Perwez jusque sur la bande d’autoroute. C’est clair : il y a urgence à débloquer cette voie de contournement." D’autant plus que les autorités bénéficient d’une manne de 5,5 millions d’euros dans le cadre du Plan Marshall et que les délais pour engager les frais diminuent très rapidement.