Brabant

Les étudiants néolouvanistes avaient déjà planté leurs tentes sur la place de l’Université, en novembre 2009, pour protester contre la pénurie de kots dans la cité universitaire. Hier, le syndicat des étudiants locataires de Louvain-la-Neuve (Syello) a remis le couvert dans la rue de la Gare. Devant l’agence immobilière Dynamic Immo, une quinzaine de tentes ont été plantées alors que la soixantaine d’étudiants présents entonnait diverses chansons relativement évocatrices : " Nous sommes des êtres humains. Nous ne sommes pas des animaux. Nous voulons un logement décent."

Car l’objectif de cette manifestation symbolique était avant tout de dénoncer les pratiques abusives des agences immobilières, mises en exergue par l’incendie d’un immeuble pour étudiants, à la mi-janvier. "Nous avons été relogées pendant trois jours à l’hôtel, expliquent Mathilde et Célestine, respectivement étudiantes à l’UCL en sciences humaines et sociales et en communication. Après, on a dû attendre un mois avant de récupérer une connexion Internet." En février, le Syello a été reçu par Dynamic Immo, accompagné d’étudiants lésés lors de l’incendie. "Mais nous en sommes sortis déçus, précise Johan Verhoeven, coordinateur général du Syello. Tant Dynamic Immo a refusé de prendre ses responsabilités et a nié les manquements à ses obligations envers ses locataires."

Un fait qui symboliserait le manque d’intérêt de Dynamic Immo pour ses étudiants locataires. "Il n’y a rien qui va, poursuivent Mathilde et Célestine. Il y a des souris dans l’immeuble, la tuyauterie est percée. On les a appelés pour signaler une fuite dans les toilettes et ils ont mis du scotch pour la réparer Elles sont d’ailleurs bouchées depuis des mois. Et lorsqu’on appelle l’agence, nos interlocuteurs nous disent qu’ils viendront. Mais on attend toujours des semaines alors que c’est souvent urgent." Des plaintes concernant la sécurité (absence d’alarmes incendie, ) et d’insalubrité se sont aussi élevées contre l’agence.

"Mais elles restent ignorées, précise Johan Verhoeven. Certains bâtiments gérés par cette agence ne sont pas aux normes, l’état de vétusté est important et le suivi technique est inexistant. La gestion des demandes d’intervention techniques est inefficace (NdlR : une permanence a lieu uniquement les mercredis et un mail est mis à disposition) et il n’y a pas de numéro d’urgence. Ils tardent aussi à rembourser les garanties locatives alors que les étudiants ne roulent pas sur l’or." Le Syello a donc voulu revendiquer une gestion des logements plus responsable et plus respectueuse des locataires. Et si les étudiants présents lors de la manifestation d’hier ont entonné un puissant "Dynamic Immo, on aura ta peau", ils précisent également que l’agence visée hier n’est pas la seule concernée et que des pratiques abusives sont constatées au sein de toutes les agences immobilières néolouvanistes. "Même au sein de l’UCL."