Brabant

Il devrait s'agir du premier immeuble à énergie positive construit en Wallonie. La société Dapesco vient d'introduire un permis de bâtir pour son nouveau siège social, qui sera implanté dans le parc scientifique Fleming, à Louvain-la-Neuve. Via la mise en oeuvre d'un ensemble de techniques, le bâtiment de 300 m2 devrait à terme produire plus d'énergie qu'il n'en consomme, ce qui est sans doute une première en Wallonie. L'objectif est double pour ce bureau d'études spécialisé dans la gestion de l'énergie pour les clients industriels et tertiaires : d'une part, réduire ses dépenses d'énergie et, d'autre part, proposer des démonstrations concrètes à ses clients. "Nos clients nous posent souvent des questions : les panneaux solaires sont-ils vraiment efficaces? Ou : le passif est-il adapté aux bureaux ? Ici, nos bâtiments seront le meilleur moyen de le leur démontrer", explique le Chaumontois Tanguy Detroz, managing director et fondateur de Dapesco. "Ici, nous combinons les deux éléments. Nous avions besoin de nouveaux bureaux et nous aurons aussi un site de démonstration."

La conception de l'immeuble a d'abord pour ambition de réduire au maximum la consommation d'énergie, via un éclairage économique, une isolation poussée ou encore une utilisation maximale de l'apport solaire pour le chauffage. Ainsi, beaucoup de fenêtres seront placées côté Sud et peu au Nord. Tout cela permettra à la structure d'être pratiquement passive. Par ailleurs, des panneaux solaires orientables en fonction de la course du soleil seront aussi installés et pour produire de l'électricité, le bâtiment sera également pourvu d'une petite éolienne urbaine. Par ailleurs, la chaleur des pièces abritant les serveurs informatiques, qui fonctionneront également la nuit, sera réutilisée pour la ventilation du bâtiment. La technique évite ainsi d'installer un système d'air conditionné pour refroidir ces salles, ce qui est une source de pollution.

Enfin, encore une fois pour limiter l'utilisation d'énergie, le bâtiment sera constitué entièrement en bois (structure intérieure et bardage). L'avantage selon les porteurs du projet : le bois procure une meilleure isolation, un niveau plus élevé de confort intérieur, et une rapidité d'exécution dans la construction. Une casquette à l'avant de la façade protégera du soleil en été, et permettra cependant de laisser rentrer la lumière naturelle en hiver. "L'objectif de ces différentes techniques était de voir comment nous pouvions faire pour que nous soyons énergétiquement neutre", continue Tanguy Detroz. Mais lors de journées de plein soleil, et de vent et lorsque les éoliennes et les panneaux solaires fonctionneront à plein régime, nous produirons davantage que nous ne consommons. L'excédent sera réinjecté sur le réseau."

Le budget de la construction de ces bureaux avoisine les 500000 euros, soit un surcoût de 15 pc par rapport à un bâtiment conventionnel. Le temps de retour sur investissement est évalué à 7 à 8 ans. "Pour l'instant, c'est les particuliers qui se montrent les plus intéressés par le passif, car les entreprises se demandent surtout comment construire à moindre coût. Les immeubles de bureaux passifs se comptent encore sur les doigts d'une main en Région wallonne, note Tanguy Detroz. Mais en général, les bâtiments se limitent à l'aspect passif. Je ne connais pas d'autres bâtiments en Wallonie et peut-être en Belgique, qui, comme notre immeuble, associent le passif à la production d'énergie." Autre particularité : toutes les productions et consommations d'énergie seront mesurées et publiées sur internet afin de permettre au public de découvrir l'efficacité des diverses techniques utilisées. Le permis d'urbanisme a été déposé ce vendredi à la Ville d'Ottignies, et la construction du bâtiment, si tout se passe bien, devrait commencer en septembre pour une durée de trois mois. L'équipe devrait intégrer le nouveau bâtiment au début de l'année 2009. Les bâtiments permettront d'accueillir 26 employés. L'équipe s'élève actuellement à 15 personnes. L'entreprise bénéficie de la vague écologique et énergétique : à sa fondation en 2002, elle ne comptait qu'un seul salarié.